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[RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

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[RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

Message par Karess le Mar 9 Oct - 1:07




Ca a commencé à minuit. Le quartier des affaires de Rage City West s’était alors étrangement déserté de passage, ses grandes avenues symétriques encadrées de buildings à l’esthétique aseptisée, froides et silencieuses comme une crypte. Un calme envoûtant avant la tempête…
Un étrange black-out fit sauter l’éclairage urbain sur toute une aire du quartier. Peu après, ils sortirent en masse des tunnels du métro. Une vague de silhouettes noires encapuchonnées, aux visages masqués. Leurs mains armées de marteaux, de pierres, de bouteilles remplies d’essences…
Au début, les caméras de secteur, rendues inopérantes dans les ténèbres établis du quartier, ne distinguèrent qu’une espèce d’ombre mouvante faites de silhouettes noires fondues dans la pénombre. Puis les incendies illuminèrent les écrans tandis qu’ils projetaient leurs lueurs apocalyptiques sur les avenues.
Les unités anti-émeute dépêchées en urgence pour contenir une émeute « d’anarchistes demeurés », se retrouvèrent au beau milieu d’un enfer. Bien au-delà du coutumier saccage de mobilier urbain et des dégradations, c’était des immeubles en proie à des brasiers démentiels à leurs bases, un incendie orchestré à travers tout le quartier, un labyrinthe de buildings embrasés. Les émeutiers les attendaient et leur tendirent un gigantesque guet-apens.
Les rapports de police firent état de confrontations d’une brutalité inouïe avec les « émeutiers ». Une foule extrêmement déterminée qui venait d’elle-même au contact des forces de l’ordre. Des morsures. Des griffures bestiales. Des tentatives de saisies sur les agents pour les tirer dans la masse en fureur… L’usage d’armes à feux. Cette nuit-là, les habitants et les rares passants terrés dans les alentours rapportèrent que l’émeute vira à la fusillade urbaine.
Les médias rapportèrent l’usage d’armes de poings au milieu de l’émeute, que certains émeutiers avaient dégainées à bout portant lors des confrontations rapprochées avec les unités anti-émeute. Au total, furent dénombrés trente-deux fonctionnaires de police tués, et deux fois plus de blessés dans l’exercice de leurs fonctions cette nuit-là.
On attribua ce carnage aux revendications d’une mouvance d’anarchistes radicaux communément connu pour leurs tendances aux débordements.
Les images de casse et de vandalisme, ainsi que le flot de ténèbres humains mouvant à travers les rues perçu par les caméras de secteur, inondèrent les images aux JT et sur les réseaux sociaux.
En revanche, on occulta les images captant cette procession, cette ferveur quasi-religieuse de la horde de silhouettes noires. On garda sous silence les chants rituels obscènes à travers entonnés dans les haut-parleurs, les hululements mystiques de la horde en noire. On mentionna les graffitis, mais sans en montrer en images, montrer leur nature inconnue, occulte et insondable… On ne mentionna pas que ces graffitis étaient réalisés avec du sang. Du sang d’émeutiers qui s’étaient sacrifiés rituellement au milieu de halls d’immeubles corporatistes et de banques.
Sur les réseaux sociaux, certaines vidéos prises par les rares témoins présents furent scrupuleusement et quasi-instantanément retirées du net par une surveillance sur la brèche, et leurs auteurs, réduits au silence d’une manière ou d’une autre.
On ne fit aucun lien officiel entre les évènements de cette nuit et la folie latente qui s'instaura à la suite sur le quartier, sur les cas de démence, de suicides qui se multiplièrent dans le quartier profané.  
Quant aux fonctionnaires de police déployés cette nuit-là, on leur imposa de garder le silence sur tout ce qu’ils avaient vu ou entendu cette nuit-là. S’en tenir à la version officielle. Tous ces hommes n’eurent pas à garder le silence longtemps. La moitié d’entre eux furent retrouvés à leur domiciles, le cerveau liquéfié par des hémorragies internes. Les autres sombrèrent dans une démence incohérente et hystérique qui les envoya droit à l’asile.

Ils ne sont plus qu’une poignée encore en vie à ce jour. Pour l’agent Paul Bryar, impossible de censurer aussi facilement de sa mémoire ce qu’il a vu cette nuit-là…
Des émeutiers traçant des symboles… Sataniques ? En pleine rue, avec le sang frais de leurs compères ! Des chants étranges et insondables qui révulsaient l’estomac par leur nature purement démoniaque, et qui continuent encore de lui retentir dans la tête…
Le fait que cette nuit-là, les émeutiers attirèrent son unité sur ce qu’il décrirait intimement comme un autel religieux de fortune ; c’est là qu’eut lieu une bonne partie de la « fusillade ». En vérité, ses collègues, pris d’une folie collective absolument inexplicable, avaient dégainés leurs armes et s’étaient entretués. Ou avaient tout simplement retourné leur propre arme contre leurs têtes au milieu du bain de sang, pour certains… Pour une raison qui le dépassait, Bryar avait été miraculé de cette… Sorcellerie…
Des interpellations ? Les rares salopards attrapés cette nuit-là se révélèrent être des cinglés baveux aux propos incohérents, bons pour l'asile. Alors que les combats faisaient rage, les divers groupes de la horde avaient subitement reflué comme un seul vers les bouches de métro d'où ils étaient sortis, sans que l'on puisse découvrir par la suite d'où ils étaient venus.
Bryar avait vu plusieurs des émeutiers arracher leurs masques en ricanant, exhibant avec mépris leurs visages. Bryar avait personnellement arraché le masque d’un salopard qu’il avait eu en face de lui lors des confrontations…
Les émeutiers n’étaient pas humains !


Dernière édition par Karess le Jeu 8 Nov - 8:29, édité 8 fois
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Re: [RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

Message par Karess le Mar 16 Oct - 22:25

Les semaines qui ont suivi la nuit cauchemardesque dans le quartier des affaires ont été ponctuées d’autres émeutes et de vandalismes en tout genre. Les racailles anarchistes et de banlieues se groupaient pour célébrer le massacre de flics et la destruction de banques et de bureaux d’huissiers, en saccageant leurs propres parties de la ville...
Pour Paul Bryar, des unités antiémeutes de Rage City, c’était cette même nuit d’enfer dans le quartier des affaires qui se prolongeait. Des émeutiers continuaient fréquemment d’exhiber leurs faciès poilus, aux bouches démesurément larges et garnies de crocs qui grimaçaient directement à son attention maintenant, d'où s'échappaient des langues démesurément longues... Leurs yeux canins moqueurs, qui le narguaient avant de se fondre dans la foule, dans la fumée des lacrymos, de s’éclipser dans les plus proches ruelles… Quelque part, le vieux pit-bull de la police qu’était Bryar se complaisait dans ces opportunités de revanche à répétition, aussi illusoires étaient ces revanches. Jouer de la matraque sur les guignols en sweat à capuche que ces « monstres » mettaient entre lui et eux telle de la chair à canon, avait le mérite de défouler ses nerfs à vif. Cela lui permettait de ne pas trop s'attarder sur l'absence de réaction de ses collègues et sur le fait qu'il devait avoir lui et lui seul sombré dans la folie...
Quant à son temps de libre, et ce temps libre incluait une large partie de son temps de sommeil, ainsi que la semaine de congé que lui avait accordé sa hiérarchie pour se remettre de la nuit dans le quartier des affaires, le flic le passait à aller rôder dans les bas-fonds de « Bedlam », survolté par le café et coke qu’il ingurgitait au départ de ses expéditions. A casser la gueule de sdf alcoolos, camés et bagarreurs, comme lui.
La routine était devenue irréelle et… Illusoire. Mensongère. D’une lenteur figée et oppressante. La normalité, avec ses gens inconscient de ce qu’il avait vu et plongés dans leur normalité autour de lui, était peut-être pire encore à vivre pour lui, que les silhouettes noires tapies dans la pénombre que Bryar avait la certitude d’apercevoir autour de chez lui en train d’épier ses fenêtres, de le suivre lorsqu’il sortait de sa piaule…    
Bryar n’avait étonnamment pas eu à chercher loin ni même vraiment à enquêter pour tomber sur ces monstres en-dehors des émeutes. En fait, ces bâtards rôdaient au grand jour dans les dédales urbains de Bedlam, si l’on peut parler de « jour » dans ce quartier où la lumière du soleil se perd à mi-hauteur des blocs de briques crasseux. Les monstres y allaient et venaient à leur aise, d’un groupe de marginaux détraqués à l’autre, supervisant les préparatifs des émeutes suivantes tels des prosélytes et des chefs de meute...
Bryar n’était mentalement qu’un pit-bull enragé sans subtilité, qui cherchait la confrontation frontale pour assouvir sa vendetta. Le flic dégainait et tirait à vue, les prenait en chasse à travers le quartier, une nouvelle et énième part du chaos ambiant dans ce trou à merde qu’était Bedlam…

C’est ainsi qu’il se retrouva à court de balles et crevé, quand il finit par en alpaguer un verbalement, frappant le grillage rouillé qui les séparait au milieu d’un square de ruelle mal famée, Bryar ne fut même pas surpris de découvrir que le monstre connaissait son nom.
« Dégage, agent Bryar. Gronda le monstre d’une voix on ne peut plus caractéristique, en appuyant lourdement sur les intonations. Rentre chez toi et attends ton heure. Sais-tu seulement ce qui est bon pour toi ? »
Bryar avait rétorqué en frappant de ses poing et de la crosse de son arme contre le grillage, tout en vociférant un chapelet d’injures et de provocations à l’hybride d’Homme et de canidé. Celui-ci soupira d’une résignation amusée.
« Comme tu voudras... » Dit-il. Et l’homme-loup fringué comme un black bloc distribua des coups de pieds dans un groupe de sdf qui avait pris pour lits les poubelles de la rue : « Debout, bande de vermines ! Debout ! Le Pacte vous appelle ! » Sans protestations d’être extirpés aussi brutalement de leur torpeur, les clodos se levèrent en bande, mécaniquement, sans poser de questions. Et avec une ferveur quasi-fanatique, ils s’armèrent de ce qui leur passait sous la main : tuyaux de canalisations, tessons de bouteilles, planches cloutées. Les uns après les autres, ils escaladèrent le grillage pour venir au choc avec Bryar. L’homme-loup, lui, s’éclipsa comme à leur habitude. Laissant derrière lui le flic à son combat de rue…  
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Re: [RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

Message par Karess le Sam 20 Oct - 18:46

Il sifflait à ses adversaires de se ramener tandis qu’ils basculaient un par un de son côté du grillage. Ses adversaires, on aurait dit des chiens galeux avec leurs longs cheveux rêches à l’instar de leurs barbes graisseuse, leurs peaux collantes d’impuretés et leurs long manteaux crasseux, se jetèrent sur lui en abattant lourdement sa longue barre de fer. Bryar était un solide gaillard bien robuste capable d’encaisser, et surtout il mêlait la technique d’un professionnel à une brutalité notoire, déséquilibrant ses assaillants frontaux avec ses prises de flic, avant de les jeter se fracasser contre les façades de briques de la ruelle, contre les barrières de fer forgé rouillées du square. Des os se brisaient dans des craquements sonores. Ses poings, ses coudes, ses genoux cognaient, démolissaient frénétiquement les portraits de ceux qu’il parvenait à empoigner et à entraîner de son poids à part dans le square, l’espace d’un instant. Le square était tel un ring et Bryar y était comme un catcheur, en plus authentique. Un coup de barre de fer le frappa en plein sur ses omoplates et Bryar chancela. Un des clochards baveux de rage saisit l’ouverture et frappa d’estoc de son tesson de bouteille droit vers son visage, tentant de le défigurer. Bryar évita le coup mais se prit la charge du clochard, un type qui faisait son gabarit. Bryar roula à terre dans le square. Se hâta de se relever. A terre, ses mains tâtonnèrent sur l’un des tuyaux rouillés qu’il avait fait lâcher à l’un des bâtards. Bryar l’empoigna à deux mains à son manche et se retourna en frappant de tout son poids et de toute sa rage, poussant un grognement. L’autre extrémité frappe de plein fouet la main armée du tesson de bouteille, et l’homme hurla et tomba à genoux en proie à une vague de spasmes. Bryar se redressa au-dessus de lui et mit la même vigueur, la même rage exultante dans le coup de base-ball qu’il porta en pleine tête de sa victime. Le type s’effondra lourdement, dans le coma.
Au loin, dans l’embouchure de la ruelle, il aperçut une bande de silhouettes noires qui arrivaient en courant, en échangeant des cris. Une bande de racailles qui arrivait pour en découdre après les clochards…
Barre-de-fer-par-derrière revenait à la charge, frontalement cette fois, ramenant toute son attention au problème le plus direct. Un coup porté vers sa tête. Bryar se plia au-dessous du coup. Avant de répliquer en pétant la rotule gauche du type, qui tomba en geignant. A part c’lui là, les autres clochards étaient pour la plupart étendus de leur côté, se tordant sur place sur leurs blessures, ou inconscients. Sauf un qui en demandait encore, qui rampait en tendant un bras vers une arme de fortune. Bryar traversa le square à grands pas, un sourire mauvais sur le visage. Arrivé au-dessus du type, sans tenir compte de ses supplications étouffées, tel un joueur de golf, Bryar lui explosa la mâchoire dans une gerbe de sang et de dents.

Le souffle lourd et tendu, une lueur belliqueuse dans le regard, Bryar se tourna vers le groupe de racailles en approche, son tuyau rouillé levé à hauteur de mâchoire, prêt à frapper. La racaille, des jeunes saligauds en sweats à capuches noirs, s’arrêtèrent à bonne distance. Bryar les invectiva et les défia d’approcher. Aucun d’entre eux ne parlait. Ils le fixaient, silencieux. Soudain, son sang se glaça. Au moins deux portables étaient pointés vers lui, en train de le filmer. Ses oreilles bourdonnaient…
« A ton avis, si je mets en titre "Un flic tabasse des clochards avec une barre de fer", combien de milliers de vues elle va faire, ma vidéo, sur YouTube ? » L’appela une voix grondante mais moqueuse située en hauteur. Penché hors d’un cadre de fenêtre à l’étage d’un des immeubles attenants, l’homme-loup était revenu, et le filmait avec un téléphone portable.
Bryar geignit de rage, dents serrées exposées. C’était une putain de blague ! Il allait choper cette foutue bête et montrer au monde à quoi lui et son unité avaient réellement eu à faire cette nuit dans le quartier des affaires…
Ses oreilles bourdonnaient. Le flic tourna le dos à la bande de racailles et à l’homme-loup, cherchant une issue pour se tirer de ce square.




Sur un côté du grillage, un vieux portail fait de barreaux métalliques était fermé. Derrière lui, les racailles gagnaient en résolution, avançaient sans cesser de le filmer. Bryar péta le portail à coups de pieds, et s’élança en quête d’une issue pour rentrer dans ce bâtiment. Pas loin en face des poubelles où avaient dormi les clochards, il vit un cadre de porte donnant dans la pénombre d’une cave. La porte était déjà ouverte, enfoncée, une pliure grotesque en son milieu près de la poignée. Bryar sprinta à l’aveugle au-travers de ce couloir de caves obscure, tortueux cherchant l’issue. Derrière lui, il entendait des pas qui suivaient. La bande d’enflures qui l’avait filmé le prenait maintenant en chasse !
Bryar finit par trouver la porte d’accès au reste de l’immeuble, encore entrouverte, qu’il enfonça d’un coup d’épaule, se retrouvant au bas d’une cage d’escalier en pierre.
Aussitôt derrière, un type en manteau noir à capuche, cagoulé, surgit sur son côté en frappant de sa batte de base-ball, le fauchant en pleine poitrine. Bryar tomba à la renverse en toussant. Le type débita des moqueries aux propos incohérents, avant d’essayer de le massacrer au sol. Bryar se protégea comme il put de ses avant-bras, sentant ses os se meurtrir sous les coups. Il parvint à amortir les coups de batte à répétition, le coup de genou, et à choper le cou de son agresseur, qu’il brisa sans autre forme de procès, avant de reprendre sa course, en oubliant son tuyau d’acier en bas de la cage d’escalier.
Il remonta quatre à quatre les marches jusqu’au rez-de-chaussée. La porte d’entrée de l’immeuble, visible de là, était une double baie vitrée brisée, sommairement barricadée par des cadres en bois légers, grande ouverte, à l’opposé de l’escalier, séparée par un petit couloir. Au-dehors, il crut percevoir comme un écho sinistre d’un chant cérémoniel qui s’élevait. Bryar n’en tint pas compte. Il avait enchaîné direct sur l’escalier menant à l’étage, où il croisa soudain l’homme-loup dans le large virage de mi-niveau, qui lui envoya ses deux pieds (ou pattes ?) bottés joints en pleine poitrine dans un bond rotatif extrêmement habile, empoigné à la rampe. La créature termina de lui sauter par-dessus en se gaussant tandis qu’il mordait la poussière contre le sol, au bord des marches. Sa tempe pulsait d’une blessure qui ruissela de sang. Le monstre lui, traça à grandes enjambées jusqu’à l’entrée et sortit à l’air libre. Bryar se remit debout dans un geignement de rage, et courut d’une démarche lente et chancelante jusqu’à la porte. Le monstre avait traversé la route et se fondait dans une autre ruelle. Ce manège allait durer combien de temps ?
Bryar commença à s’élancer de ce même pas chancelant, meurtri, à travers la route, à la poursuite de la bête.
C’est là qu’il réalisa que quelque chose clochait. La rue, théâtre d’un vandalisme digne d’une apocalypse avec ses vitres unanimement pétées, ses épaves calcinées de voitures, ses magasins à l’abandon, ses détritus qui volaient au gré du vent, était teintée d’un crépuscule aux nuages rouge-sang, et était déserte en son centre. A distance lointaine toutefois à ses embouchures, des dizaines de silhouettes noires grotesques venaient pour Bryar, des armes improvisées à la main. Certains érigeaient des barricades spécialement pour lui. Depuis les fenêtres, la même litanie qu’il avait entendu, émanait de silhouettes noires fondues dans la pénombre des vitres des logements aux étages des différents immeubles autour de lui, tous les regards rivés droit sur lui… Bryar sentit des sueurs froides lui couler sur sa tempe pulsante, sur son dos… Son regard observa avec obsession le plus proche groupe en approche. Au-devant, le meneur souleva le bas de sa cagoule stylisée en masque de mort. Une longue langue de lézard en surgit et gigota dans l’air… Derrière lui, par là d’où il venait, les racailles à sweats noirs à capuches émergeaient à sa suite et marchaient droit sur lui. Ils n’avaient plus leurs portables maintenant ; ils avaient des barres en acier et des bouteilles brisées. Bryar marmonna des propos inintelligibles de frayeur. Il lutta pour reprendre le contrôle de ses jambes flagellantes et se remettre à courir. C’était la fuite en avant à présent. Ou peut-être une excellente excuse pour ne plus lâcher le morceau...
Bryar courut à travers la ruelle en jetant des regards inquiets derrière lui. La monstrueuse racaille le suivait, mais de loin. Elle ne le pourchassait pas en courant et en l’injuriant rageusement. Ces silhouettes noires et anonymes sous leurs capuches et leurs foulards, leurs cagoules, leurs masques, le suivaient d’un pas de marche ferme, mais tranquille. Dans un silence glacial.
Un clochard qui surgit des poubelles sur son chemin, lui, était enragé. Un véritable chien galeux, avec de longs cheveux rêches à l’instar de sa barbe graisseuse, sa peau collante de saleté et son long manteau crasseux. Attends… Ce type, c’était le même que l’un de ceux qu’il avait démonté dans le square ? Il lutta tandis que le type se jetait sur lui les deux mains à la gorge en grognant et bavant. Bryar usa de technique pour déséquilibrer son adversaire et le rejeter dans les poubelles. Venant au-dessus de lui, il lui écrasa la nuque d’un coup sec, comme il l’aurait fait à un sale chien.
Plus loin, un autre saligaud fringué d’un manteau noir à capuche surgit d’une porte de cave en frappant l’air d’un tuyau de fer. Bryar bondit en arrière pour esquiver l’attaque. Sous sa capuche, ce type était un jeune blanc, imberbe et brun. Qu’est-ce qu’il foutait là celui-là ? Bryar aurait juré au jugé que le gamin jouait la comédie et n’était pas un vrai gars des banlieues, avec son jean lavé net, son manteau nickel et son rasage net... Soudain, entre deux attaques, le gosse montra les dents tel un chien, et ces dents avaient été limées en pointes telles des crocs. Le môme enchaîna frénétiquement un deuxième coup. Bryar l’évita facilement et  passa sur son côté en le maîtrisant d’une clé de bras. Le gamin lutta pour se dégager et parvint juste à faire craquer l'un de ses os. Bryar eut un rire mauvais en voyant sa grimace de rage et de douleur. Puis le jeune ouvrit grand la bouche comme pour rugir, mais ce fut une nuée de frelons qui en sortit dans un bourdonnement infernal. Bryar hurla d'horreur. Il se débarrassa du jeune en l’envoyant se manger le mur de brique non loin de la porte d’où il était sorti.
Le groupe qui le suivait dans la ruelle approchait. Des projectiles, caillasses et bouteilles, commençaient à être jetés vers lui. Bryar eut un instant d’hésitation. Tout droit ? La porte de cave ? Il entendit un rire grondant émaner de l’immeuble. Bryar força sur ses jambes endolories jusqu’à la porte de cave. Même schéma que précédemment qui se répéta. Courir à l’aveugle dans un couloir de caves obscur et tortueux. Chercher l’accès.
Bryar ne fuyait pas. Il le réalisa lui-même. Il ne voulait pas fuir. Fuir, ça n’était pas dans ses gênes. Il voulait choper l’homme-loup. Lui faire payer pour tous les autres… Le chant cérémoniel, lugubre, portait jusque dans le silence obscur des couloirs de la cave… Ses oreilles bourdonnaient du diable. Sa tempe pulsait, sale d’une croute de sang séchée. Bryar imprégnait chaque escalier enjambé, chaque porte enfoncée, chaque couloir. Chaque entrée de logement à l’abandon devant lesquels il passait. L’homme-loup jouait avec lui, l’attirait dans les étages. Bryar arriva devant une fenêtre, qui donnait sur un escalier de secours extérieur, métallique. Dehors, il vit le monstre, qui s’était échappé de sa fenêtre et était reparti courir dans les venelles urbaines. Bryar jura de rage…
Non. Le monstre ne s’éclipsa pas dans le jeu de ruelles. Freinant sa course, il se retourna sereinement vers lui. Comme pour s’assurer que Bryar suivait. Il lui adressa un rictus à pleines dents, railleur. Avant de se diriger vers l’entrée de l’établissement déchu qui lui faisait face. Le monstre se tint devant la porte, où il toqua tranquillement. Une créature semblable lui ouvrit la porte, le laissant se fondre dans les ténèbres. Le portier jeta un regard provocant d’amusement à Bryar, avant de refermer la porte. Bryar descendit la rampe de secours, les escaliers, les passerelles grillagées, l’échelle, et vint se tenir face à l’endroit, en laissant échapper un autre juron abasourdi de stupéfaction. "Bedlam"…
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Re: [RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

Message par Karess le Dim 28 Oct - 14:30


C'était un ancien asile de sinistre réputation, aux allures de manoir hanté. On y avait enfermé les fous dangereux, les maniaques, des psychopathes qui auraient pu revendiquer l'héritage de Jack l’Éventreur, et même le Maire Dément... Il y a deux décennies passées, un groupe de terroristes illuminés avait mené son ultime coup d'éclat dans ce bâtiment, ouvrant toutes les cellules. Ça avait été un massacre pour tout le personnel.
Depuis, l'endroit était resté à l'abandon et tombait en décrépitude. C'était devenu un squat pour drogués, où venaient crécher à peu près tous les parias les plus déments de Rage City. L'endroit avait été renommé « Bedlam ». Le quartier avait toujours été pourri et louche, mais c'était de là qu'était parti le bordel et la décrépitude qui s'était répandue progressivement à tout le quartier ultra-mal famé qui avait fini par hériter de ce même surnom. Bryar était bien placé pour savoir que la police n'y opérait des descentes que lorsqu'elle était en forces. Et lui, il s'apprêtait à y pénétrer en boitant et en soufflant d'épuisement, une barre de fer rouillée et sa détermination de pitbull comme seules armes...

Au-dehors, la litanie s'était tue, et la nuit commençait à tomber. Bryar fit jouer la poignée de la porte d'entrée, qui n'avait pas été fermée. Il l'ouvrit en grand d'un coup d'épaule... Ce qui se présenta à sa vue fit défaillir ses genoux d'effroi et la confusion le fit se tenir la tête en hoquetant, Une vague de frissons froid le malmena alors que son esprit refusait de croire à ce qu'il voyait.
Car ce n'était pas le hall de l'asile perversement familier qui se trouvait derrière la porte. C'était un décor extérieur totalement incohérent : une rue. La rue apocalyptique qu'il avait traversé précédemment, celle où les autochtones de Bedlam chantaient leur litanie et venaient pour lui. C'était impossible. Ça  ne correspondait pas ! Même du seuil d'entrée de là où il se trouvait... Bryar sentit son burger lui remonter de l'estomac et se plia par terre à vomir... Autour de lui, comme si le monde avait pris conscience avec lui de son incohérence, les murs, le sol, le monde tout autour de lui sembla comme se décomposer dans un bruit de succion écœurant... Quand Bryar eut fini de rendre son repas et parvint à se ressaisir, il n'était plus plié dans le seuil d'entrée de l'asile. Il était de nouveau dans le seuil d'entrée de cet immeuble d'appartements où l'homme-loup l'avait percuté, comme s'il venait d'en sortir pour s'engager dans la rue apocalyptique.
Tout y était toujours là : les barricades dressées sur chaque bout de rue. Les silhouettes noires aux fenêtres qui le fixaient en psalmodiant leur chant sinistre. Les groupes qui venaient pour lui de tous les côtés, hormis par cette même ruelle qu'il avait pris auparavant pour fuir. Ceux qui l'avaient filmé au portable remontaient l'escalier de la cave, armés de barres de fer et de bouteilles brisées, prêts à en découdre. Bryar se força à se remettre debout et s'élança vers la ruelle.
Le clochard qu'il y avait éclaté précédemment était à genoux, bras en croix, achevant une espèce de transe religieuse, dont il s'extirpa pour se jeter sur Bryar avec une rage renouvelée. Bryar jura. Le clochard était un chien galeux et crasseux qui lui postillonnait et lui crachait à la gueule de rage autant qu'il l'empoignait. Bryar parvint à le déséquilibrer et à le jeter face au sol, et lui abattit un coup de pied déchaîné en plein sur la nuque. Plus loin, la ruelle était infestée d'une nuée de frelons. Bryar hésita, pestant. Derrière lui, les silhouettes noires suivaient ses pas de leur allure tranquille, les plus en avant prenant la mesure pour leurs lancers de projectiles. Il traversa la nuée d'insectes en se protégeant comme il pouvait. Devant lui, le même gamin sortir du cadre ombragé de la porte de cave, le fixant d'une lueur folle. Sa bouche étirée sur deux rangées de dents limées telles des crocs, qui s'ouvrirent pour libérer un rugissement fait d'une nuée de frelons, au bourdonnement infernal. Bryar jura pour l'amour de Dieu, avant que le jeune ne l'attaque avec la même frénésie que précédemment. Bryar s'efforça d'ignorer la nuée d'insectes qui l'assaillait et venait le piquer de toutes parts, tandis qu'il se battait avec le gamin. Bryar se jeta hors de trajectoire de sa première attaque, para une pluie de coups du jeune, avant de saisir une ouverture pour lui péter un genoux, puis la mâchoire de deux coups de barres bien placés. Une nouvelle fois, Bryar s'échappa dans la cave.

Aux fins fonds du couloir obscur et tortueux, la voix de l'homme-loup grondait des railleries sur sa situation, sur son entêtement, louait moqueusement son endurance et sa combativité.
La bête jouait avec lui, l'entraînait dans les étages où des cagoulés, des silhouettes noires fondues dans la pénombre, le prenaient en traître, lui barraient la route, l'attaquaient avec bestialité. Bryar déchaînait la sienne propre pour se sortir vivant de cette situation et ne pas lâcher l'homme-loup, qui retournait se tapir tranquillement à l'asile de Bedlam. Bryar se jeta une nouvelle fois à travers la porte, et se retrouva à nouveau dans la rue apocalyptique, où il hurla de douleur en tenant ses oreilles, prises durant de longues secondes d'un martèlement d’otite insoutenable. Quand il se releva, derrière lui, le même hall d'appartement où les racailles qui l'avaient filmé remontaient l'escalier de la cave, armées de tessons de bouteilles et de barres de fer, prêts à en découdre. La même litanie venant des mille fenêtres brisées. Les mêmes groupes qui le prenaient en chasse en exhibant des traits monstrueux, inhumains. Bryar grogna de rage et fuit par la même longue ruelle, où il appréhenda la confrontation avec ce clochard, qui ne s'y trouvait plus cette fois-ci. Comme pour compenser cette facilité, les groupes derrière lui trottinaient pour remonter la ruelle. Il courut au-travers d'une nuée de frelons terrifiante, jusqu'à la porte de cave salvatrice des lancers de projectiles. Dans l'obscurité du couloir tortueux, la voix de l'homme-loup riait aux éclats. S'y ajouta un espèce de bruit de gerbe, tout proche devant lui. Une nuée de frelons émana en force de la porte de cave directement devant lui, précédant le gamin, qui fit rouler l'épaule rétablie de son bras armé avant de se jeter sur Bryar en frappant et en claquant de ces dents limées en crocs vers sa gorge. Bryar lutta hystériquement contre son adversaire dans une obscurité aux parois de pierre resserrées et infestée d'insectes qui lui piquaient le visage en plein dans les cernes des yeux.

Bryar s'extirpa de cette cave et fut aussitôt assailli par un nouvel agresseur armé.
Aucun répit ne lui était laissé. Bryar ne faisait plus que hurler de rage et frapper de toutes ses forces, lutter pour écraser des assaillants qui se relayaient sur ce parcours du combattant cauchemardesque.
Il se tailla un chemin à coups de barre de fer à travers les étages de l'immeuble, pourchassant l'homme-loup jusqu'à la fenêtre qui donnait sur l'asile de Bedlam. Descendre les passerelles de l'escalier de secours rouillé. L'échelle... Derrière lui, les formes noires de ses poursuivants sortaient sortaient sur ses talons. Sur les artères par où Bryar aurait pu dévier de l'entrée de l'asile, des cagoulés arrivaient par dizaines, barricadaient les issues, venaient pour lui. La sensation de n'être qu'un rat de laboratoire jeté à son insu dans un labyrinthe où on lui balançait un peu tous les obstacles que l'on voulait était de plus en plus poignante dans sa poitrine. A bout de nerf et de souffle, Bryar passa une nouvelle fois la double porte de Bedlam, appréhendant ce qui allait se passer...

Le monde matériel fondait, se décomposait autour de lui. Bryar en avait à peine conscience. Le martèlement d'une otite ahurissante le mettait par terre de douleur. Il se releva en sanglots d'épuisements, baveux. Autour de lui, dans la rue dévastée comme dans une apocalypse, ils étaient des dizaines à chanter d'une même voix solennelle une mélopée diabolique et lugubre depuis les fenêtres brisées. Des dizaines d'autres venaient pour lui de tous les côtés. Derrière lui, de l'immeuble d'habitation d'où il avait émergé dans la rue, le groupe de racailles à capuches émergeait de la cave, prêt à en découdre. Seule la ruelle à l'autre bout de la rue offrait une possibilité de fuite. Bryar rassembla ce qui lui restait de force dans ses jambes pour se remettre debout et courir à travers la ruelle, ses mains cramponnées à son arme de fortune qu'il s'efforçait de lever de manière intimidante. Il fuyait en chancelant d'épuisement à travers le long et étroit couloir urbain qu'offrait la ruelle. A mi-chemin, il se heurta le côté dans des poubelles. Il remarqua et s'horrifia à peine de la carcasse crasseuse de sdf qui y gisait, le crâne broyé, les membres brisés. Derrière lui, les silhouettes noires, relevaient leurs cagoules pour lui exhiber des traits monstrueux, des peaux reptiliennes, des longues langues sinueuses qui fouettaient l'air en sifflant au-devant de leurs hôtes. Puis les monstres rabaissaient leurs masques et s'élançaient à sa poursuite à toutes jambes. Il était trop affaibli. Il ne pourrait jamais fuir. Il geignit de rage et de douleur et jurait alors qu'il se forçait à avancer à travers une nuée de frelons infernale qui infestait le fond de ruelle, jusqu'à une porte de cave.
Même dans les ténèbres, les frelons continuaient de bourdonner, de venir lui piquer le visage par dizaines. Prenant une longue inspiration, Bryar se jeta de tout son poids dans la première porte miteuse de cave, et plongea dans l'espace carré noyé dans la pénombre. Là, Bryar se tassa, se laissant choir au sol, et s'efforça d'ignorer en silence les deux-trois frelons qui l'avaient suivi à l'intérieur et le harassaient. Des pas de courses, innombrables, gagnèrent le couloir de la cave. Son cœur battait à sauter hors de sa poitrine. Bryar se tenait prêt à mettre ses ultimes forces dans le coup de tuyau qu'il expédierait dans le premier bâtard qui viendrait fouiner dans cette case de cave.
Hormis les pas innombrables, ces types étaient silencieux comme des tombes. Pas un souffle de fatigue, pas un échange de parole... Quant les derniers pas de course se furent éloignés dans un impact de la porte dans le lointain obscur du couloir, Bryar resta encore quelques secondes à épier les pas frénétiques au-travers des escaliers, avant de se relâcher, reprenant sa respiration. Même le bourdonnement de l'essaim de frelons s'était tu. A croire que même eux étaient partis à sa poursuite. Après s'être accordé trente secondes pour reprendre son souffle et ses esprits, Bryar se secoua et sortit s'extirpa de sa cachette. Sur le qui-vive, il rebroussa chemin, ressortit à l'extérieur, dans la ruelle. Au-dessus de lui, autour d'une vieille lampe de rue grésillante et poussiéreuse, des insectes attirés par la source de lumière blafarde bourdonnaient doucement et voletaient. La nuit était tombée. Bryar traversa aussi vite que le lui permettaient ses jambes épuisées et son corps meurtri de blessures la longueur de la ruelle, avant que ces deux parois de briques ocres rouge ne se referment sur lui comme elles semblaient prêtes à le faire.
Il repassa au-niveau des poubelles. Une épaisse couche de sang coagulé s'écoulait de la benne fermée. Bryar ne tenait pas à s'attarder pour y inspecter plus en détail le carnage... Il poursuivit son chemin boiteux, traînant sa carcasse dans la rue.
La nuit ne valorisait pas Bedlam. Aux quatre coins de la rue, des silhouettes encapuchonnées, des types louches, se réchauffaient autour de barils enflammés, lui jetant des regards curieux. Et hostiles. Bryar puait le flic l'intrus à plein nez dans le décor. Des barricades qui fermaient les deux côtés de la rue, il n'y avait plus rien. Juste les entassements d'ordures typiques du coin. Bryar s'engagea dans la rue en tournant sur lui-même, guettant les hauteurs. Derrière les fenêtres aux vitres brisées, plus personne. Juste la pénombre d'une ruine hantée.
Les regards des bandes de clochards le fixaient avec insistance. Bryar ne perdit pas une minute de plus à se demander pourquoi tout était subitement revenu à la normale. Il revint encore sur ses pas, repassa cette double porte vandalisée et sommairement barricadée de l'immeuble d'appartements. Se dirigea jusque dans la cage d'escalier pour descendre. En bas de la cage, un jeune « wesh » en panique sur un corps sans vie l'appela à l'aide :
« Appelez une ambulance ! Il y a eu une bagarre, quelqu'un s'est fait tuer ici !»
Bryar enjamba le corps en bavant au jeune de fermer sa gueule, et passa la porte de la cave, disparaissant dans la pénombre.
Il enfonça l'interrupteur sur le côté de la porte et le couloir tortueux de blocs de maçonnerie gris s'éclaira à intervalles. Bryar marchait à travers le couloir. Il avançait dans ce monde revenu à un silence et à un calme normal et...



«Toi non plus tu n'y crois pas hein ? Avoue...» Susurra une voix grondante toute proche. Elle émanait directement du couloir. Les lampes de la cave du couloir se mirent à éclater une par une en long. Des pas de course qui arrivait juste derrière lui. Bryar fit volte face et fut chargé par une silhouette à capuche qui le plaqua au sol. Juste avant que la dernière lampe n'éclate, Bryar distingua sommairement les traits jeunes sous la capuche. Il vit luire des dents limées telles des crocs dans la pénombre. Son adversaire rapprocha intimement son visage, et lui vomit une nuée de frelons bourdonnant en plein visage...

Ensuite le noir...



Un hall ténébreux, déchu et ruiné, comme dans son souvenir. Des tuiles écroulées du plafond jonchaient toujours le sol en gravats. Rien n'avait changé depuis sa dernière descente d'il y a trois ans. Le détail le plus marquant dans cette ruine hantée, c'était les citrouilles, les décorations festives d'halloween caractéristiques de la période dans laquelle l'endroit avait été mis à mort, qui étaient toujours présentes. Entretenues, changées, même, par les divers cinglés qui venaient occuper les lieux. Ici, des lumières phosphorescentes mauves, vertes, oranges, toutes fluo, avaient été disposées aux quatre coins du hall, près des décos et des têtes de citrouilles pour marquer cette ambiance décalée figée dans le temps...
Ça prêtait à sourire au début. Mais on réalisait rapidement à quel point cette perversion du quotidien  était pensée pour s'avérer dérangeante, désespérante...



Un noir profond et total, ponctué par le martèlement d'une otite, qui fit émerger par à-coups sa conscience. Et la sensation solide du tissu de la taie d'oreiller dans laquelle était enfouie sa figure. Les draps, humides de sueurs froides. Bryar revint à lui et écarquilla des yeux crispés d'un ensommeillement prématurément interrompu. Son cœur palpitait d'une pure terreur persistante au-delà de son cauchemar, et Bryar mit de longues secondes avant d'oser se retourner dans son propre lit pour balayer du regard sa chambre, qui semblait alors plus irréelle que les lieux traversés dans son cauchemar lui-même. Bryar en percevait encore l'hystérie, l'adrénaline, le bourdonnement des frelons et les grondements canins.
Bryar était chez lui...
Pourtant, un grognement de molosse retentit, juste ici, de l'autre côté de la cloison qui séparait la pièce de vie du seuil d'entrée de l'appart...


Dernière édition par Karess le Dim 18 Nov - 12:24, édité 1 fois
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Re: [RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

Message par Karess le Dim 4 Nov - 17:40


Redressé sur son lit, Bryar tâtonne de la main jusqu'au tiroir de la table de nuit. L'ouvre maladroitement. Trouve la crosse de son calibre .38, qu'il ramène près de lui nerveusement tandis qu'il épie le moindre mouvement, le moindre bruit traître d'une présence qui se trouverait dans l'appartement. Il passe plusieurs minutes recroquevillé contre le mur sur son lit, à guetter depuis sa chambre la jonction entre l'entrée de l'appartement et la pièce de vie.
Plus rien. Juste un silence pesant, entrecoupé des lointains échos urbains de la circulation en contrebas au-dehors...
Juste une ultime réminiscence de son cauchemar. Bryar finit par lâcher un profond soupir et se sort du lit. Il ne lâche pas pour autant son six-coups tandis qu'il s'aventure hésitant hors de la chambre, gagnant la pièce de vie bordélique et marchant d'un pas endolori jusqu'à venir faire face à la porte d'entrée de l'appart.
Rien. Tout est juste normal. Il est seul. En sécurité...
Bryar jette un regard sur la box sous la télé. « 22:18 » affiché dans un orange terne. Le souffle lourd de lassitude, Bryar chancelle dans l'entrée, arme en main, pour gagner l'étroite salle de bain, où il pose le revolver sur le côté du lavabo le temps de s'asperger le visage d'eau. Dans le miroir, son reflet lui renvoie un visage vieux, et meurtri, une blessure sale près de l'une de ses tempes grisonnantes au bas de ses cheveux blancs coupés courts. Son visage carré dur au front large et à la mâchoire épaisse est couvert de points irrités de piqûres encore douloureuses sur ses joues potelées, dénotant sur son teint rougeaud d'alcoolique. Des piqûres et des hématomes meurtrissent le pourtour cerné de ses yeux globuleux, dans lesquels il perçoit une lueur folle et hystérique. La frénésie de son expédition dans Bedlam remonte en une vague d'échos dans son esprit. Les cagoulés qui le pourchassent dans le noir des caves, de la ruelle, de la ruine résidentielle. Les projectiles de verres et de pierres qui tombent dans des impacts sonores à ses pieds. Les hurlements enragés de ses assaillants, leurs injures inintelligibles... Dans son bide pesant sous son débardeur gris humide de transpiration, ses abdos mobilisés lors des corps-à-corps se bandent subrepticement alors qu'il est devant le miroir, réactifs aux flashs d'agressions des tarés... L'ossature et les muscles de sa poitrine et de son dos malmenés par les coups de barre de fer, de battes de base-ball et autres coups qu'il a encaissé le tiraillent encore. Sa constitution robuste et épaisse lui a nettement sauvé la vie cette nuit. Mais le bourdonnement des frelons qui le tourmentaient, et le chant du diable, l'otite insoutenable... Ses oreilles cognent encore comme un tambour sans lui faire mal pour le moment.
Et cette espèce de boucle infernale... Non, ça ne peut pas être réel ça... Ça, c'est forcément juste le fruit de son cauchemar plus vrai que nature qu'il s'est payé pour la peine une fois rescapé de Bedlam et rentré chez lui. Qu'est-ce qui s'est passé exactement une fois rentré dans l'asile ?
Bryar s'efforce de focaliser sur le souvenir du hall de Bedlam, sur ce large espace déchu aux piliers ébréchés et aux décorations d'Halloween. Par où il est allé ensuite... Sa mémoire est confuse. En proie à une amnésie partielle due au stress. Impossible de se souvenir. Des images d'effigies païennes obsédantes dans des pièces délabrées...
Sa survie, son échappée du quartier infernal de Bedlam tient du pur miracle. Ou du fait cruel qui lui trotte dans la tête, celui que les monstres n'ont fait que jouer avec lui et l'ont laissé repartir en vie pour cette fois...  
Le gamin aux dents limées comme des crocs, qui lui a vomi ces essaims de frelons en plein visage...
Bryar focalise sur son regard dans le miroir. Des échos de la nuit dernière, sa résolution de pitbull ne lui revient pas. C'est un Bryar las et meurtri qui reprend son flingue du lavabo, et qui quitte la salle de bain.

Contrastant avec la folie hystérique sans répit qui s'était alors emparé de lui et qui régnait tout autour de lui, le silence qui règne dans l'appartement a quelque chose de pesant, d'irréel. Bryar reste un moment inerte, à scruter des points fixes sur les murs blancs de son 20m² sans âme et mal éclairé. Au-dehors, ses deux étroites fenêtres donnent sur un néant noir. C'est aussi bien ainsi. La circulation de la 35ème sur laquelle il aurait vue est abominable, et la vue plongeante sur la bouche de métro du coin et ses racailles qui y entrent et en sortent en bandes n'est pas des plus évasives...  Pratiquement aucune décoration, hormis quelques cadres de photos de paysages divers en noir et blanc accrochés aux murs à différentes hauteurs.
Le bordel général, avec la poussière, la vaisselle sale qui s'accumule dans l'évier et les ordures qui s'entassent dans deux poubelles rebutantes pleines à craquer, constituent en soi la véritable déco de la piaule de Bryar, les fois comme maintenant où le pitbull de la police est obnubilé par ses vendettas dans les bas-fonds contre les représentants des groupes anarchistes et/ou ethniques qui l'ont mis en rogne quand il était en service. Ses chefs savent. Ses chefs s'en tapent. Quand ils lui mettent pas carrément une tape dans le dos pour qu'ils y aillent en bande avec les collègues. Jusqu'à ce qu'il finisse par être trop déphasé et qu'il faille le recadrer un coup.
Ce cas d'émeutiers inhumains n'a certainement pas fait exception. Résultat, l'appart finit par ressembler en partie à l'un de ces squats dans lesquels il descend fréquemment casser des gueules.    
Une sentiment d'épuisement et d'abandon le fait s'affaler contre un mur en soufflant, puis choir sur le canapé. Cette fois, Bryar a atteint sa limite. Outre les hématomes, la fatigue, l'endolorissement de ses muscles, ce qu'il a vu, ou cru voir, et traverser ce soir... Temps mort. Ce soir, pas de sortie sous coke. Il déstresse du mieux qu'il peut, et il dort. Ensuite il prend la journée pour ralentir un peu et réfléchir à la situation. Ensuite, il appellera Pierce, Rowe, et les autres pour les embrigader. Avec eux, il se sentira prêt à retourner au cœur de Bedlam, à enfoncer les portes de ce foutu asile, et à choper ce foutu homme-loup... Mais pour l'heure, Bryar s'enfourne la bouteille de whisky qui trône sur la table basse au centre de la pièce parmi les autres bouteilles et canettes vides. Soudain une peur panique lui fait tambouriner le cœur. Bryar dégage la bouteille de whisky de sa bouche, s'aspergeant d'alcool. La jette sur son canapé où elle se vide à moitié tandis qu'il ramène à lui le pc portable qui reposait parmi le bordel de bouteilles vides. Martèle le clique pour presser l'ordinateur de sortir du mode veille, et lance immédiatement internet. Lance nerveusement YouTube. Les vidéos... Les foutues vidéos...
Il tape « Flic barre de fer » dans l'onglet de recherche. Son doigt reste un long moment retenu au-dessus de la touche d'Entrée, appréhendant la recherche... Il abat les doigts en un coup sur le clavier.
« Un flic tabasse des sdf avec une barre de fer »
« 204k vues »
Son sang se glace. Sur la vignette, il voit sa silhouette en civile en train de brandir son putain de tuyau au-dessus du bâtard à terre. Bordel...
Bryar est pris de tremblements. Il se prend la tête dans les mains en geignant, tandis que le pc tombe de ses genoux et atterrit par terre sur le tapis sale à ses pieds. La tentation de tourner le canon de l'arme qu'il presse contre sa tête est manifeste... Près de trois minutes s'écoulent tandis qu'il reste au milieu de son salon recroquevillé sur son canapé, la tête entre les mains...

Après quoi, plutôt que de se suicider, Bryar reprend une longue gorgée de whisky, vidant pratiquement ce qui reste de la bouteille. Puis il se porte contre les murs à travers l'appart pour aller dans l'espace cuisine, jusqu'aux poubelles, se baladant avec l'arme en main dans sa piaule. Là, il force pour enfoncer la bouteille de whisky achevée dans le tas d'ordures. Des nuées de moucherons volent au-dessus, partent de là pour infester tout l'air de l'appart.
Mécaniquement, Bryar part enfiler un sweat gris clair, un jean et des baskets blanches.
Bryar revient dans l'espace cuisine. Entreprend de vider ses poubelles. Lutte pour en extirper les sacs surchargés. Puis il sort de chez lui et part jeter ses ordures comme si de rien n'était, progressant en latéral à travers le C que forme l'étroit couloir de l'étage éclairé à intervalles, son flingue calé sous sa ceinture dans son dos mais par-dessus sa veste, bien visible. L'ascenseur est à l'opposé de son numéro d'appart. Le silence ambiant est entrecoupé de derrière les portes qu'il passe par des bruits de vie très ordinaires, des télés allumées sur des jt, des voix familières de voisins en famille qui passent une soirée insouciante...

Une normalité qui lui semble tellement absurde à côté de la nuit dernière...

Bryar peste. L'ascenseur est une nouvelle fois HS. Plus qu'à descendre les quatre étages à pied. Bryar s'engage dans la cage d'escalier pierreuse et grisâtre, carrée, portant à bouts de bras ses deux gros sacs.
A mi-niveau du deuxième étage, la minuterie de la lumière se coupe, et l'interrupteur à la con ne veut pas fonctionner, l'obligeant à terminer sa descente dans le noir.
Comme si le silence et le noir ambiants le jugeaient.

Bryar émerge de la porte de la cage d'escalier. Échange un regard cordialement hostile avec la sale petite enflure qui lui sert de voisin du dessous. Un jeune anarchiste noir.  
« Vous... Vous voulez un coup de main ? » Lui demande Martin Luther King Junior...
« Non merci. Ça ira. » Lui retourne Bryar entre ses dents sans s'arrêter tandis qu'il marche au-travers du couloir.
Le jeune reste là à le fixer avec insistance, sans répondre. Est-ce qu'il a vu les vidéos ou c'est juste le flingue qu'exhibe Bryar qui le fait mouiller comme une pucelle ? Bryar lui jette un regard en arrière et réalise alors que ses sacs ont une merde qui goutte huileux et marron au-travers du plastique...
Il atteint la double porte de baie vitrée qui marque l'entrée de son immeuble, et se traîne au-dehors avec ses deux gros sacs qui gouttent le long du trottoir, alors qu'il les portes à bouts de bras sur plusieurs dizaines de mètres.
Soufflant sous l'effort, il n'a ni la possibilité ni envie de jeter un regard sur la circulation folle et bruyante des klaxons, ou encore de rendre aux passants les regards qu'il sent se poser sur son dos, sur lui et son flingue. Ou sur ses ordures qui dégueulassent la chaussée... Arrivé jusqu'à l'angle renfoncé et grillagé où sont foutues les bennes à ordures. Bryar fait basculer un sac, puis l'autre, par-dessus le fatras puant déjà débordant. L'un des sacs craque, révélant en partie le cadavre brisé et ensanglanté de clochard qui s'y trouve, qui goutte d'un sang coagulé marron comme ce qui tâchait le sol sur son chemin. Bryar s'efforce d'ignorer. De contenir ses remontées gastriques. Il est en train de délirer. D'être assailli d'être pris d'hallucinations... Il rebrousse chemin à grands pas pour rentrer chez lui. Réalise cette prolifération de silhouettes noires à capuches qui sont présentes aux quatre-coins de la rue, qui lui jettent des regards malveillants. Autour d'eux, les passants plus normaux le fixent eux aussi avec insistance, comme s'ils le dévisageaient...  
Ont-ils vu les vidéos ?
Bryar ne force pas le pas. Il s'efforce de marcher normalement, la tête haute, jusqu'à la porte de son immeuble.
Alors qu'il regagne l'intérieur, son portable dans sa poche de veste sonne... Le Boss...
Bryar reste un moment à fixer le téléphone qui sonne et vibre dans sa main, avant de se décider à décrocher et à porter l'appareil à son oreille pour répondre...
«Paul. T'es allé jeté un coup d'oeil sur internet ? » Lui demande son Boss.
Bryar sent l'émotion lui remonter dans la gorge et l'étrangler. Il confirme doucement.
«J'imagine que t'as déjà vu les vidéos qui tournent alors... »
Bryar opine. Puis rectifie. Non, il a pas mâté les vidéos, il les a juste vues sur YouTube mais il les a pas lancées...
«Ok. Bien ! On s'les passera au commi avec un bon gros bol de pop-corn. Sacré coup du droit, Paul ! T'as déjà fais du golf ? Quoi ? T'as la pétoche qu'il y ait une enquête et qu'il t'arrive un truc ? Déstresse Paul, ok ? Ouais, y aura « enquête ». Les gros bonnets vont mater la vidéo. La moitié d'entre eux vont voir c'que tu encaisses comme coups et classeront le truc sans suite, l'autre moitié va demander des copies de la vidéo pour se la repasser chez eux et se toucher devant. Ici, c'est « RageCity ». Ils connaissent le contexte de la ville. Ils veulent plus en entendre parler. Y aura un petit cirque médiatique, un peu d'drama à la télé, des pleurniches de gauchiasses, et dans deux semaines, tout le monde sera passé à autres choses. Par contre, c'est pas très pro et pas très malin de ta part de te pointer en solo comme ça dans Bedlam. Prends les autres avec toi la prochaine fois. »
...Ok ? Hésite Bryar, qui s'adosse à un côté du couloir du hall. La réaction tranquille, totalement décontractée et complice de son Boss l'a tellement pris au dépourvu qu'il ne sent même pas son soulagement...
« Bien. Maintenant écoute Paul : qu'est-ce que tu n'as pas compris dans « menace paranormale qui dépasse notre compréhension » ? Enfin merde Paul ! On ne parle pas d'un groupuscule de petits connards d'anarchistes qui cassent des vitrines là ! Un type du gouvernement sorti d'un épisode de X-Files est venu vous mettre dans la confidence sur des gros dossiers, en insistant bien sur le point qui disait que ça dépassait complètement l'entendement humain ! On parle de putains de Démons, d'une entité immatérielle qui manipule les lois de la physique et tout le reste comme des jouets, et d'une race de monstres mythologiques qui lui vouent un culte sacrificiel et qui possèdent des camés pour en faire des acolytes. Et toi, tu mènes une expédition en solo dans Bedlam, et tu te jettes à la gorge de ces machins ? Qu'est-ce que tu cherches à faire au juste ? A te prendre une espèce de malédiction éternelle sur ton âme ? Reste. En-dehors. De cette. Merde ! Ok ? Le type du gouvernement a dit qu'ils avaient des services secrets qui se chargent de dialoguer avec ces « entités paranormales. »
Des entités paranormales qui font des émeutes et qui postent des vidéos pleurniches de violences policières sur YouTube, ironise intérieurement Bryar.
« Je te le redis encore une fois pour que ça soit bien clair. Reste. En-dehors. De cette. Merde. »
Bryar hésite à tout lâcher à son Boss. Les hallucinations. Les créatures qui n'arrêtent pas de lui apparaître au quotidien, de lui adresser des grimaces provocatrices au cœur des émeutes, mais aussi lors de ses patrouilles... Mais finalement, il garde ça pour lui et se contente de donner sa parole qu'il a compris le message et qu'il va se tenir à carreaux à présent, faire profil bas. Son Boss semble satisfait quand Bryar met fin à l'appel. Aussitôt raccroché, il cherche avec une résolution renouvelée dans ses contacts. Christian Pierce, un jeune de l'unité, sacrément motivé pour faire du zèle. Il l'appelle.
Le téléphone reste à sonner dans le vide jusqu'au répondeur, voix neutre de Pierce qui invite à laisser un message après le bip.
Bryar maugrée et essaie d'autres numéros. Tous indisponibles pour le moment, merci de laisser un message après le Bip. Un moment, il passe à Eric Rowe. Un vieux sergent de la police, comme lui, celui qui l'a initié au cassage officieux de gueules d'anarchistes dans les bas-fonds.
Le téléphone reste à sonner... Bryar attend, agacé et nerveux. Quelque chose cloche. Répondeur. La voix grondante de l'homme-loup :
« Salut, vous êtes bien sur le répondeur d'Eric Rowe ! Mais celui-ci a vu sa tête être malencontreusement dévissée hors de son cou lors d'un sacrifice démoniaque avec des bougies, des chants lugubres et des Bibles sataniques, tous les clichés du genre, bref. Il n'est du coup pas très disponible pour le moment. Mais laissez donc un message après le bip, sait-on jamais, des fois qu'il arriverait à la remettre en place... Sa tête, je veux dire ! BIIIP»
Bryar reste un moment figé à cligner des yeux et à regarder son portable dans sa main, qui minute froidement le temps de l'appel... Un petit rire nerveux lui remonte à travers la gorge.
Il finit par raccrocher et ranger l'appareil dans la poche pour se remettre à marcher dans le couloir. Atteindre la porte de la cage d'escalier, qu'il remonte marche par marche, lentement, dans le noir. A peine rechargée, sa résolution a déjà été à nouveau balayée par ce qu'il vient d'entendre. Sa tête est embrouillée... Bryar a du mal à aligner plus de deux pensées cohérentes.
Il veut juste rentrer chez lui et s'affaler sur son matelas, se rendormir et finir sa nuit. Alors qu'il arrive au palier du troisième étage, il entend s'ouvrir la porte du rez-de-chaussée. Il s'attend à ce que  la lumière s'allume et marque un arrêt lorsqu'il réalise que non seulement celle-ci ne s'allume pas, mais qu'en plus le voisin qui vient d'entrer n'émet aucune protestation à propos de l'interrupteur défaillant, de devoir monter l'escalier dans le noir, ou autre... En bas, il entend comme quelqu'un qui tousse bruyamment, qui se racle avec force la gorge.
Bryar reprend l'ascension des marches.
Alors qu'il atteint le quatrième, il jurerait de percevoir un bourdonnement d'insectes, qui remonte dans le noir...
Assez...


Bryar passe la porte et sort de la cage d'escalier en refermant avec insistance derrière lui, appuyant bien sur la porte. Il boite à travers le C du couloir, pour regagner sa piaule. Ce silence de crypte...
Derrière les portes, plus le moindre son, comme si ces portes n'étaient qu'un décor de façade cachant le Néant. Ses oreilles continuent d'être prises de ce foutu martèlement d'otite.
La lumière minutée du couloir finit par couper alors qu'il arrive dans la queue du C où se trouve sa porte, les lueurs verdâtres de l'éclairage d'urgence prenant le relais.
Bryar passe la porte de l'appartement en maugréant.
Aussitôt l'ampoule dans l'entrée grille sur un son éclatant, imitée par celle de la pièce de vie, plongeant l'intérieur de l'appartement dans le noir. Bryar se tétanise dans l'entrée. Face à lui dans le salon, une silhouette noire fondue dans la pénombre. Bryar dégaine son arme et la braque à bouts de bras.
Derrière lui, il ne prend conscience des pas précipités qu'une fraction de seconde avant qu'une barre de fer ne lui assène un impact sur l'arrière du crâne, le jetant à terre dans l'entrée de la piaule.

D'où ils sont sortis ?

Les pas précipités de cet agresseur surgi du néant repartent au-travers du couloir comme ils sont arrivés. Sonné au sol, Bryar s'efforce de reprendre ses esprits... Devant lui, une imposante forme mi-humaine mi-loup, géante et à la fourrure noire comme du charbon, se dresse de toute sa hauteur dans une lenteur cérémonielle. Bryar distingue les proportions démesurées du poitrail et du dos à l'épaisse fourrure, la gueule de molosse au long museau et aux oreilles pointues, d'épaisses pattes postérieures canines, et des bras musculeux démesurément longs qui se terminent sur d'intimidantes mains griffues.
Indifférente à sa présence, la Bête étudie d'un regard lent son environnement direct. Comme si elle évaluait le bordel ambiant. Puis son regard se tourne vers un objet tombé entre elle et Bryar, métallique, chromé, qui luit au sol qui attire son attention. La Bête étire grand la gueule en un sourire démoniaque.
« Oh, joli ! » Commente-t-il dans un grondement masculin lourd en portant l'une de ses mains griffues sur le calibre .38, prenant de court la main tâtonnante de Bryar. La Bête ramène à ses yeux le revolver, comme un enfant contemplant un nouveau jouet. Avant de reporter son attention sur l'insignifiant humain qui se tient dans le seuil d'entrée en pointant l'arme droit sur lui !
Bryar se relève dans une peur panique et dégage vigoureusement la porte entrouverte de son chemin pour se jeter hors de l'appartement dans le couloir. Le coup de feu détone à travers l'appartement. Projette une gerbe de plâtre du mur face à la porte. Bryar court à toutes jambes au-travers du couloir enténébré, qui ne se rallume pas.
Il se prend à couiner de pétoche. C'est pas possible... Ce machin ne peut pas exister !
Derrière lui, la porte qui revenait paresseusement est enfoncée et vole dans le couloir dans un impact brutal qui projette un brouillard de plâtre. La Bête surgit du fond du couloir et lui court après en tirant deux autres coups à travers le long couloir, qui lui passent juste au-dessus. Bryar se fond dans le tournant et s'empresse de franchir la porte de la cage d'escalier.
Il s'élance dans les ténèbres.
Un essaim d'insectes qui infeste la cage d'escalier l'assaille de toutes parts. Bryar geint d'horreur en reconnaissant le bourdonnement caractéristique des frelons. Derrière lui, la Bête enfonce la porte. Descend en trombe en continuant à tirer au revolver à sa suite, projetant des éclats de maçonnerie là où frappent les balles dans son dos.
Bryar descend quatre à quatre les marches à travers les étages, se courbant pour se protéger désespérément des tirs, moulinant d'un bras devant son visage pour chasser comme il peut les insectes qui viennent à nouveau l'assaillir.

Ça ne peut pas être réel !

Bryar se jette sur la porte en élançant le bras vers la poignée de la porte. Derrière lui, la forme en noire arrive juste sur son flanc. Il passe de l'autre côté de la porte, et la lui claque au museau. Sur le côté, l'ascenseur tinte.
Ses portes s'ouvrent en coulissant sur un groupe de silhouettes noires cagoulés armées de planches cloutées, qui en sortent en obliquant droit vers lui.
Sur le côté, la porte menant à la cave s'ouvre sur une autre forme en noire qui s'introduit dans le rez-de-chaussée, sa langue inhumaine fouettant l'air comme animée d'une vie propre. Bryar fuit à toutes jambes vers l'entrée de l'immeuble. Derrière lui, la porte de la cage d'escalier vole en éclat sous la charge d'épaule de la Bête qui pointe le revolver au-dessus de sa troupe d'acolytes. Bryar court en focalisant sur la porte d'entrée. Devant lui, à travers le verre de la double-porte vitrée, il distingue en flou devant la porte un attroupement statique de silhouettes noires encapuchonnées.
Bryar laisse échapper un « Bordel » entre ses dents, et ouvre en grand la porte pour se précipiter hors de l'immeuble, prêt à forcer le passage au-travers des individus en noir...

Tout se décompose. Le monde autour de lui, avec sa dizaine de silhouettes noirs qui l'entourent, ses blocs d'habitations noirs de la 35ème au second plan, son ciel nocturne, et son immeuble avec son hall d'entrée éclairé derrière lui... Tout se fond en une mélasse rougeâtre organique qui l'enveloppe, prise de pulsations, tel l'intérieur d'un cœur battant...
L'otite de Bryar fait une remontée en puissance, martelant puissamment ses oreilles, le faisant hurler de douleur ! Bryar a la sensation de tomber, de mouliner à l'infini dans un vide gélatineux, dépourvu de gravité ! Le phénomène semble durer une éternité ! Dans la folie de matière informe organique qui pulse et de bruits insondables qui tourbillonnent autour de lui, Bryar perçoit distinctement les éclats de rire moqueurs grondants de l'homme-loup !
Puis le tourbillonnement freine. Se calquant progressivement sur des formes de moins en moins abstraites. Des bottes d'un noir profond, comme leurs pantalons, qui s'agitent et tapent frénétiquement tout autour de lui, sur un sol de carrelage noir. Dur. Froid. Meurtri. Des visages anonymes et belliqueux, de ce même noir oppressant. Des bâtons cloutés, bardés de verres pilés effilés, brandis à bouts de bras vers sa tête, vers ses yeux, qui viennent parfois s'appuyer contre son dos et ses flancs. Une horde de silhouettes noires cagoulées, innombrables et hurlant d'exultation belliqueuse, fondues dans la pénombre d'un décor intérieur enténébré et ruiné, déchu. Le vacarme sonore, insondable et informe, qui a baissé graduellement pour se ramener à des sifflements d'acouphènes, internes, qui couvrent l'espace de plusieurs secondes la nuée infâme de hurlements qui l’injurient, qui le provoquent sans merci tout autour de lui. La douleur, le martèlement dans ses oreilles, retombent à des niveaux tolérables.
Reprendre pleinement conscience s'accompagne de l'intimidante prise de conscience de son encerclement, des vociférations de cette foule autour de lui qui le menace de haies d'armes de fortune. Prostré au sol, et malgré la tête qui lui tourne et son souffle coupé, Bryar devine immédiatement où il vient d'être téléporté.
Il y est finalement. Dans le lieu qui lui était interdit par ces « forces paranormales ». Le hall de l'asile Bedlam...
Derrière lui, la double-porte de bois massive de l'entrée qu'il s'acharnait à passer en boucle est condamnée par douze planches anarchiquement clouées, et par une armée de fous enragés qui lui interdisent la fuite...


Dernière édition par Karess le Jeu 8 Nov - 9:07, édité 2 fois
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Re: [RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

Message par Karess le Jeu 8 Nov - 7:44

Les bâtons phosphorescents mauves, vertes, oranges, toutes fluo, disposés fidèlement aux quatre coins du hall près des têtes de citrouilles, éclairent l'enfer de la scène du hall de lueurs aussi faibles qu'inadéquates à la fièvre ambiante.
Autour de lui, la foule hystérique de cagoulés en noir est telle une horde d'ombres chinoises en 3D. Cette cacophonie inintelligible de huées, d'injures hurlées et d'exhortations rageuses à se mettre debout. A leur montrer ce qu'il a dans le ventre. Certains cris qui lui parviennent ne sont pas humains ; ce sont des mugissements, des grognements, des cris de bêtes sauvages... Plusieurs salopards sur son côté gauche n'y tiennent plus et s’avancent d’un pas hors de la foule, lui assénant à bouts de bras une pluie de coups sur les omoplates. L'un des coups l'atteint au visage. L'impact d'une planche sur sa pommette gauche fait s'écouler un filet de sang sur sa joue. Morsure des clous... Bryar ne sent même pas la douleur, juste une gêne engourdie dans sa pommette.


Courbé néanmoins par l'impact, Bryar cligne des yeux pour s'y retrouver. Paradoxalement, le coup lui permet de focaliser. Sa main plonge vers le sol et s'empare de l'une des briques blanches effritées qui jonchent le hall. Bryar se redresse de toute sa hauteur. Montrant les dents à l’image d'une bête sauvage acculée, il s'efforce d'être réactif et de tenir en respect la horde, ses groupes de silhouettes qui menacent à tour de rôle de se rapprocher en tapant du pied au sol devant lui, avant de se reculer vivement hors de portée de ses coups. Comme toujours, sa peur se fond dans sa colère. Bryar leur crache d'avoir les couilles d'approcher.
L'une des silhouettes noires se détache de l’attroupement, se plaçant au centre du hall. Sa cagoule noire intégrale a un motif de tête de mort d'un blanc pâle. L'individu profère des obscénités inaudibles parmi les cris de ses confrères, avant de foncer sur Bryar en frappant de sa planche.
Bryar se fend sous le coup et se jette contre le thorax de son adversaire en grognant bestialement. Entraîne son adversaire déséquilibré dans sa charge. Profite de son avantage pour marteler sa tête masquée à coups de briques. La foule s'écarte vivement de la chute du type, qui lutte en vain pour se dégager tandis que Bryar abat à répétition la brique. Sur sa joue, le sang de la morsure des clous qui s'écoule de sa pommette qui pulse en synchro avec le martèlement de l’otite dans ses oreilles...
Dans son dos, un autre type surgit de la foule et vient le dégager du corps inerte de son copain d'un coup de pied fulgurant dans le flanc. Bryar roule au sol. Se relève face à une brute d'1,90 mètres, qui dénote avec sa veste et son treillis gris par-dessus un débardeur noir encadrant ses pectoraux musclés, sa coupe militaire brune à l’air par-dessus un masque facial grossier fait d’un morceau de tissu beige, orné d’un symbole rougeâtre révulsant peint aux doigts.
Bryar se remet sur ses jambes. La brute grise avance à grands pour venir à sa rencontre, et Bryar fait de même. Percute le type et lutte avec lui. En encaissant les coups de genoux mal placés et de coudes sur son dos, il parvient à lui choper les jambes et à le faire tomber à la renverse. Bryar s'empresse  de récupérer la brique tombée près de son premier agresseur massacré, qu'un des cagoulés a poussé du pied à portée de sa main, et fait subir le même sort au grand gaillard en gris.
Broyer le crâne de ce grand tocard est éreintant, mais c'est jubilatoire. Des gouttelettes de sang lui humidifient le visage.

Il n’a pas arrêté de porter des coups que autour de lui, quatre nouvelles silhouettes supplémentaires, des archétypes de marginaux détraqués des bas-fonds, se détachent de la foule, qui s'est rabattue contre les murs du hall, rangée en haies anarchiques et hurlantes, mais consentant à l’unisson à lui laisser un maximum d'espace pour se battre.
Bryar ne se pose pas de question. Il se jette sur le plus proche en serrant les dents, encaissant les coups qui pleuvent sur lui en sifflant de mépris. Une mêlée chaotique s’ensuit tandis qu'il empoigne les plus proches du moment en ramenant le corps-à-corps au plus près possible, saisissant ses adversaires à qui il assène des coups de briques dans les tempes, dans les dentitions. Ses adversaires aussi l’empoignent, le frappent, luttent, ils tournoient avec lui dans l’espace du hall. Ceux qu’il empoigne se mangent autant de coups de la part de leurs camarades que Bryar lui-même. Un des rebuts saisit Bryar à l’épaule et le dégage de son premier adversaire. Bryar reporte son attention vers lui et sent les dents du devant et le nez du type se casser d’un seul coup de brique. Il le fait basculer dans les pattes de ses congénères encore valides. Deux silhouettes de plus surgissent de la foule, relayant ses victimes. Pas une seconde où un ou deux autres gars ne sont pas en train de le frapper, ou de l’agripper aux épaules, de tenter de le ceinturer pour l’immobiliser.
Quand Bryar plaque un des types rachitique au sol et lui fracasse le crâne à coups de briques, il ne réalise même pas tout de suite qu’il est en train d’en finir avec le dernier de la bande. Ce n’est qu’après avoir réduit son crâne à l’état de pulpes sanguinolentes que Bryar s’arrête de frapper, se redressant en soufflant lourdement. Ses yeux fous balaient son environnement et la foule surexcitée d’un regard à moitié absent.

Un cadavre atrocement mutilé et sanguinolent, suspendu par des fils de fer barbelés dans le vide au-dessus du hall, les bras en croix dans une caricature du Christ. Son sang goutait sur les combattants…


Les huit cadavres de ses agresseurs jonchent le sol de la moitié opposée à l’entrée du hall, les crânes fracturés, plus ou moins broyés sous leurs masques imbibés de sang. Mi-instinctivement, mi-mécaniquement, Bryar se relève et fait face au renfoncement ténébreux à l’opposé de l’entrée du hall. Sur les côtés, les hurlements jubilatoires de la foule de cagoulés se muent en une espèce de cadence tant orale que des coups rythmiques des bâtons cloutés et des barres de fer, des claquements de bottes au sol. Devant lui, le passage jusqu'au cadre de porte déchu de l'issue de secours lui est ouvert, les silhouettes noires qui l’encadrent l’invitant de leurs regards à pénétrer plus en profondeur dans l’asile. Bryar se résigne à avancer là où on le lui dit, En jetant un regard vigilant sur ses côtés dans sa progression, Bryar voit les lampes de plusieurs téléphones portables et caméras, qui le filment avec une complaisance glaciale…
Bryar frôle pratiquement les cagoulés en passant le renfoncement et le cadre de l’issue. A son regard chargé de sa colère contenue, les regards qui lui répondent sont d’une neutralité aux limites de l’indifférence.

Sous l’escalier, deux nouvelles têtes de citrouilles railleuses irradient une lueur orange, éclairées de l’intérieur par des bougies et flanquées d’un jeu de lumières phosphorescentes, jetant une lumière sommaire au bas de la cage d'escalier, ses marches, son cloisonnement central grillagé et ses silhouettes noires cagoulées qui flanquent les murs, telles des êtres de ténèbres purs. Face à lui en haut des marches donnant sur le premier palier de mi-niveau, un colosse indistinct en contre-lumière des lampes oppressantes et bleutées des téléphones portables. Silhouette d’ombre menaçante qui chouchoute une imposante masse entre ses mains. Bryar prend une inspiration résolue et gravit l’escalier lentement mais fermement, une marche à la fois, se préparant au combat. Autour de lui et du colosse, les spectateurs s’écartent du palier. Sous un masque buccal noir, le colosse pousse un cri féroce. Son crâne chauve est strié de cicatrices démentes.  
Bryar se courbe en passant soudainement à la charge. Le colosse tente de frapper de sa lourde masse. Trop lente. Bryar le plaque au torse, le repousse dans le palier où il prend pied à niveau. Le colosse porte un uniforme de pompier. Ses coups de poing sont monumentaux ; ses yeux injectés de sang. Bryar se fait dégager et jeter au sol de l’autre côté du pallier comme un moins que rien. Il roule et revient à lui juste à temps pour rouler encore hors de la trajectoire de la masse, qui s’abat sur le pallier à la verticale, projetant des éclats de pierre qui lui égratignent le visage. Couché sur le dos, Bryar replie ses jambes serrées, et met toute sa force dans le coup de pieds joints qu’il flanque dans le genou droit du colosse, qui vacille sous le coup. Bryar s’empare de l’extrémité de la masse, tente d’en dégager le colosse en ramenant le pied à lui pour le lui expédier à plusieurs reprises dans l’épaule. Le colosse grogne de rage sans renoncer à sa prise sur la masse. Rampe littéralement sur Bryar en ignorant les coups de pied, ramenant le manche de la masse de ses deux mains, jusqu’à la gorge de Bryar pour appuyer dessus de tout son poids. Les deux adversaires luttent au sol, Bryar bavant entre ses dents pour endurer le bras de fer et tenter de se dégager du colosse. Celui-ci, agacé par le temps que met Bryar à céder, tente d’accélérer les choses en prenant de l’élan avec sa tête pour asséner un violent coup de boule. Alors que la tête du colosse s’abat, Bryar parvient à faire remonter ses avant-bras pour l’empoigner, et lui rompre le cou brutalement. Sous le colosse s’affaissant de tout son poids sur lui, Bryar s’accorde un bref répit pour souffler, avant de se dégager et d’empoigner la masse.


En gravissant les marches vers le palier suivant, Bryar martèle la rotule, puis la mâchoire du salopard suivant qui s’y dressait à son entrée. Le troisième palier est un théâtre d’horreur, cadavre dépecé sanguinolent ficelé au mur par du fil de fer barbelé, les bras en croix, effigie macabre à la gloire d’un Démon de l’enfer... Soudain, alors qu'il scrute le crâne sanguinolent, Bryar réalise que les vestiges de peau et de cheveux sont suffisants pour lui permettre d'identifier la tête de son Sergent Eric Rowe. Bryar manque de défaillir d'horreur, mais les pas d'un adversaire gravissant les escaliers dans son dos l'obligent à rester au moment présent. Bryar fracasse le crâne de l'assaillant d’un coup de masse virevoltant, . Étrangle contre le mur attenant les marches suivantes un autre rebut cagoulé, qui venait simultanément de l'autre côté pour le prendre en étau.  
Alors que le cou se rompt dans un craquement sous la pression de l’étranglement, Bryar perçoit comme un bruit de gerbe au-dessus de lui, suivi du bourdonnement d’un essaim d’insectes...
« T'imagine pas comme ça fait du bien de les recracher, commente la jeune voix à travers les étages. Son ton a quelque chose d’incisif jusque dans l’âme. Maintenant prépare-toi à souffrir, sale flic de merde.»
Bryar se sent défaillir, pris de sueurs froides et de tremblements. Derrière lui, la horde de cagoulés à sa suite gronde de menaces de le lyncher sur place s’il n’avance pas. Mais déjà, le jeune descend lui-même les escaliers, précédé de sa nuée de frelons. Son tuyau rouillé dans les mains, sa bouche étirée en un rictus de dents limées tels des crocs qui luit dans la pénombre...
Bryar n’est plus résolu. Il est pris d’une crise d’hystérie, empreinte de panique. Sur un geignement bestial, il se rue sur le jeune et attrape sa tête de ses deux mains, au-travers de la nuée de frelons qui l’assaillent.
Combien de fois faudra-t-il qu’il le tue ? Geint Bryar tandis qu’il s’efforce d’ignorer l’assaut des insectes sur sa tête et qu’il enfonce profondément ses pouces dans les orbites du jeune. Combien de fois faudra-t-il qu’il le tue ?! Le jeune gigote et tente de se débattre, de porter faiblement des coups de barre de fer contre l’étreinte de Bryar au niveau du coude, en vain. Ses yeux se broient dans un craquement organique écœurant. Il tombe raide mort. Avant de s’évaporer dans son essaim de frelons.
« On peut toujours commencer à compter, lui répond la voix du jeune avec cynisme. Là, ça fait une fois. »
Bryar se glace. La voix… Elle est dans sa tête ! Derrière lui, le bourdonnement des frelons, qui monte au-travers de la cage d’escalier derrière lui… Bryar se rue sur la masse, qu’il a jetée dans l’escalier quand il s’est rué sur le jeune pour l’empoigner. A travers la cage, les cagoulés ont mué leurs jubilations en un hululement d’adoration.
Le jeune monte sereinement l’escalier. Ses frelons qui lui tourbillonnent autour…
Bryar tente de le frapper mais le jeune se révèle soudain bien plus vif et fond contre lui en étirant grand la mâchoire devant son visage. Le désarme. Choc de la masse qui tombe hors de portée. Bryar lutte en hurlant de panique. Projette le jeune contre un mur. Puis un autre. Puis encore un autre. Le jeune encaisse les chocs brutaux dans les murs avec un inébranlable petit sourire amusé, cruel, dévoilant à demi les crocs. Comme pour narguer Bryar, il s’évapore sous un énième impact contre les murs en une nuée de frelons.
« Attends, j’suis pas sûr, résonne la voix dans sa tête… On la compte, celle-là ? »
Bryar abandonne sa masse aux nuées de frelons, et monte en trombe les marches menant au dernier palier, qui aboutit à une double-porte en ardoise gris étrangement préservée sur ses gonds, qui ouvre au milieu d’un étroit couloir tortueux.
Le terne éclairage qui y règne est rouge comme de l’hémoglobine. Les murs à la tapisserie en lambeaux, le plafond à moitié effondré, le plancher de bois miteux, la petite pièce béante qui fait face à la porte… Tout est souillé de graffitis anarchistes, de tags de gangs, de sectes, de détraqués, qui se relaient, qui cohabitent parfois, pour squatter et hanter les lieux. Certains des symboles et des blases tagués lui résonnent dans la tête et lui révulsent l’estomac. Autour de lui, il ne se préoccupe plus qu’à peine de cette omniprésence de silhouettes noires cagoulées autour de lui, qui forment des haies de spectateurs excités à intervalles sur les côtés, au-travers de tout le couloir. Certains le filment toujours de leurs i-phones avec plus de stoïcisme. D’autres aussi, hululent doucement d’adoration en présence du jeune enfoiré à frelons, dans une ferveur démente qui dépasse Bryar. L’un d’eux à quelques pas s’avance en jetant sa planche cloutée au sol, à son attention. Bryar vient s’en saisir rapidement. De l’angle du couloir, le bourdonnement des frelons, qui gagne en volume, qui se rapproche lentement, couvrant même les cris d’adoration de la foule. Soudain, alors qu’ils apparaissent à sa vue, l’essaim de frelons se condense sur lui-même, et disparait en implosant.
Une ombre bondit d’un trou béant du plafond, juste dans son dos.
L’être lui tombe sur le dos en l’agrippant. Une nuée d’insectes infernale enveloppe au-devant, l’assaillant de toutes parts. Bryar hurle de rage et de douleur tandis que son adversaire le mord à pleines dents dans l’épaule à la base de la gorge. Bryar s’efforce d’agripper la tête penchée avec une faim avidité sur son épaule, lutte pour le faire basculer, pour se libérer de l’étreinte.
« Une pièce de viande fraîche, c’est tout c’que t’es pour moi ! » Lui susurre le jeune à l’oreille avec hargne...
Son otite se remet à pulser douloureusement.
La morsure est atroce et fait jaillir un flot de sang de son épaule. Chancelant sous le poids de son adversaire et la douleur de sa blessure, Bryar se jette de dos contre les murs pour y impacter son adversaire et le dégager. Après plusieurs essais vains, il parvient malgré lui à le clouer sur des fers à béton qui s’élancent hors d’une cloison. Bryar chancelle hors de l’étreinte du jeune, qui grogne et bave cloué à son mur. Bryar porte une main à sa blessure pour en voir le sang. Avant d’empoigner à deux mains son bâton clouté et de battre à mort la tête du jeune cannibale. Son sourire cruel et amusé ne s’efface à aucun des coups. Alors que Bryar frappe, le jeune mimant le cou brisé sous l’impact, se désagrège subitement en une nuée de frelons qui viennent assaillir Bryar.
Celui-ci bondit en arrière en battant de ses bras devant son visage, avant de se retourner pour fuir en avant au-travers du couloir.
Passé l’angle, il se retrouve face au jeune, qui se tient stoïque et droit trente mètres plus loin, face à lui, battant de son tuyau rouillé dans la paume de sa main. Une nuée de frelons supplémentaire, qui lui tourbillonnent autour telle une aura noire infernale et bourdonnante.
Bryar marche à sa rencontre et combat planche cloutée contre tuyau de fer, au-travers de la nuée de frelons, à l’image d’un de ces duels à mort de l’Antiquité.  
Alors qu’il vient d’échanger sa position avec le jeune dans le couloir après avoir chancelé en rompant le blocage des deux armes, les yeux dans les yeux, son ennemi s’évapore avec ses frelons, pour réapparaître dans le lointain derrière lui. Toujours en train de faire jouer son tuyau rouillé entre ses mains sans gants. Bryar lâche un « Putain » résigné, étranglé par une remontée de salive imprégnée de sang, qu’il crache au sol. Il s’efforce d’avancer en forçant le pas, se préparant à charger droit sur son adversaire. Le jeune lui, remonte le couloir tranquillement, de quelques pas.
Soudain, comme un flash subliminal, un voile de ténèbres qui joue dans les yeux de Bryar. Un flash durant lequel il entrevoit le même couloir, mais vide, plongé dans la pénombre, désert de cette armée de silhouettes noires qui côtoient le mur. Hormis cette silhouette sombre fondue dans la pénombre qui avance vers lui.
Quand il revient au monde rouge sang, le jeune est juste devant lui, en train d’abattre son tuyau, qui le frappe en pleine tempe et le jette dans une éclaboussure de sueur mêlée de sang à quatre pattes au sol.
Alors qu’il encaisse les coups brutaux au sol, Bryar est pris de flashs intermittents devant ses yeux, durant lesquels il se voit prostré au milieu du couloir vide et ténébreux, en proie à un rire nerveux. A mesure des flashs, le rire devient hystérique incontrôlable. Bryar se surprend lui-même à rire par hoquets sous les coups de tuyaux du jeune. Aussi débile que ce soit, lui est venu en tête la musique et les images du film Rocky de Silvester Stallone. Bryar se dit ironiquement qu’il n’en dépareillerait pas avec sa gueule en miettes.
Alors que le jeune connard le bat sans retenue, Bryar se ressaisit soudain et pare le coup en se relevant vivement. Échange coups sur coups, avec le jeune, parant, contre-attaquant, luttant. La planche et le tuyau se percutent à répétition dans des impacts qui lui remontent douloureusement dans les os de ses poignets. Sa planche finit par porter un coup clouté en pleine rotule gauche de son adversaire, qui se courbe sous le coup, hoquetant de surprise avec amusement, comme à une bonne blague. Le jeune tente de lui retourner un coup de tuyau sur l'épaule. Le soulève en l’air avant de le jeter au sol, venant l’immobiliser. Le jeune grogne tente de le frapper de son tuyau à la tempe. Bryar lui chope le poignet et le lui casse, ainsi que le tibia de la jambe droite dans laquelle il frappe du pied. Le jeune ne hurle même pas sous les fractures. Toujours son putain de petit sourire ineffaçable provocant et détaché, qui persiste alors que Bryar lève la planche cloutée à deux mains au-dessus de sa tête, avant de l'abattre. Encore. Et encore. Et encore. L’essaim de frelons s’écarte vivement hors des arcs impactants de la planche, qui se macule d’une gerbe de sang. Bryar rit comme un dément tandis qu’il frappe et frappe. Jusqu’à ce que le jeune s’évapore à nouveau en essaim de frelon.
Réapparaissant cette fois à l’angle d’où est venu Bryar.
Réprimant enfin son rire mauvais, Bryar se remet sur ses pieds et s’efforce de se dresser face à son adversaire, la planche cloutée pointée vers ce dernier.
Celui-ci… décline. Offre son tuyau rouillé à l’un des cagoulés dans la foule, qui se détache du lot pour prendre la suite. Imité par un autre de ses congénères à qui le jeune adresse une tape complice sur l’épaule en se retirant.
« L’enfoiré… » Crache Bryar.
L’essaim d’insectes marque une évaporation du jeune. Pour reparaître immédiatement non-loin derrière lui dans le couloir, le jeune n’apparaissant que le temps de tapoter simultanément sur les épaules de deux autres des cagoulés avant de s’évaporer pour de bon. Laissant Bryar dans l’étau de quatre nouveaux cagoulés bien frais…


Sa conscience est comme en saccadée, ponctuée par le martèlement de l'otite les pulsations de ses plaies au visage. Ses blessures, l’épuisement des combats acharnés enchaînés à chacun de ses pas, le font progresser d’un pas traînant, misérable, boiteux et chancelant. Pourtant tous ceux qui se mettraient en travers de son chemin constateraient à leurs dépends qu’il est encore capable d’en découdre, pourvu que ses mains soient crispées à une arme, ou à ce qui s’apparenterait comme tel. Planche cloutée, tuyau de canalisation, brique…
Ca n’arrivera pas, il le devine. L’ambiance survoltée de l’asile, l’humeur hystérique des cagoulés, vient de prendre fin pour se muer en un silence absolu et des regards juges et froids sur sa masse saignante et boiteuse.
Bryar se traîne dans l’ouverture béante dans un mur où les cagoulés spectateurs lui imposent d’entrer en pointant l’issue de leurs bâtons. Bryar se ratatine entre les planches de bois ébréchées pour passer à l’intérieur d’une petite pièce désaffectée, vestige d’un bureau de cadre. Le plafond, complètement anéanti, est un gouffre béant, d’un noir insondable. La pièce baigne dans la même lumière rouge sang que le couloir. Une effigie macabre païenne, faite aussi bien de branchages de bois que d’ossements et de tissus charnels sanglants a été érigée près du mur en largeur, au centre de la pièce. Bryar scruta le crâne ensanglantés bordé partiellement de vestiges de tissus charnels. Et celui-là, c'était qui ?
«Juste un paumé quelconque des bas-fonds.» Répond la voix grondante de l'homme-loup à l'interrogation qui lui trotte dans la tête. Confortablement lové au bout de la pièce dans un sofa flambant neuf au tissu écarlate, l’homme-loup fringué comme un black-block est en train de se faire une soirée pop-corn devant l’écran allumé d’un pc portable, disposé sur une table basse. Son pc portable, sa table basse, relève Bryar dans un coin de sa conscience. Lui tournant le dos sans s'inquiéter aucunement.
Tout autour de lui, aux quatre coins de la pièce, près d’une douzaine de cagoulés répartis, qui le scrutent en silence. Sans compter ceux du couloir, qui s’engagent à sa suite dans la brèche murale pour venir observer en retrait…
«Tu fais preuve d’un sacré enthousiasme à défoncer des gueules, agent Bryar, commente l'homme-loup entre deux bouffées de popcorns.
«Par contre, dés qu’on te filme, tu deviens tout livide. Et cette réaction de couille-molles quand t’es tombé sur ma petite vidéo en ligne… C’est quoi ton soucie, agent Bryar ? T’assumes pas ta nature profonde ? Bouffée de popcorns. Tu Chais, ch’est ch’qui aboutit à la pchychopatchie… Glp. De ne pas s’assumer. »
Derrière lui, les cagoulés du couloir se sont massés dans l’arrière de la pièce et sur ses côtés, aussi nombreux qu’ils pouvaient entrer...  
Bordel, mais t’es quoi ? Expire Bryar. Vous êtes quoi, vous tous ?
Pour réponse à sa question, la foule de cagoulés laisse remonter des ricanements de leurs gorges.
Ricanements qui s’élèvent en une cacophonie de sons gutturaux et bestiaux, avant de retomber. Sur son côté, l’un d’entre eux relève une partie de sa cagoule, exhibant un cuir écailleux et une longue langue serpentine qui fouette l’air dans un sifflement. Rapidement, un cagoulé, puis un autre, puis tous collectivement, l’imitent, ôtent parfois partiellement, parfois totalement leurs masques, leurs foulards, leurs cagoules. Révélant des traits inhumains, monstrueux, mutants, des cuirs écailleux, ou des peaux lisses et flasques, des faciès rugueux et poilus de bêtes, des attributs de créatures qui auraient leurs places dans des films de science-fiction pour les uns, de démons sortis des enfers pour les autres… Les attributs tentaculaires de plusieurs d’entre eux, qui fouettent l’air dans des bruits de feulements…
L’espace d’un instant, l’asile tremble bruyamment. Comme un tremblement de terre, qui fait tressaillir les fondations de l’asile avec sonorité. Des filets brumeux de poussière qui cascadent avec lenteur sur les côtés de la pièce…
Soupirant tristement, l’homme-loup se lève d’un bond du sofa, laissant sur place le pop-corn sur la table-basse près de l’ordinateur…
«Si tel est ton bon plaisir, Karess, lâche l’homme-loup. A l’attention de qui ? Il semblerait que tu te sois fais un nouvel ami pour la vie, agent Bryar.» lui adresse moqueusement l’homme-loup, en passant à côté de lui pour gagner l’attroupement de sa bande de monstres… Bryar le regarde lui passer à côté avec la gueule du mec le plus largué de la planète. Mais dans le silence, près de son oreille l’espace de quelques secondes, le bourdonnement d’un frelon, qui vole dans la pièce…
« Oh, avant que j’oublie… Père m’a chargé de te rendre ça.» Présenté par la crosse, l’homme-loup s’est tourné une ultime fois vers Bryar pour lui restituer son calibre .38... Après un instant d’hésitation, Bryar l’empoigne. Mettant dans le regard qu’il échange avec l’homme-loup tout ce qui lui reste de résolution dans une promesse silencieuse de vider les chambres de ce revolver dans la tête de son interlocuteur, un jour prochain…
« Oh, de cela j’en doute fortement, agent Bryar. Tu te doutes bien que tu n’es pas en vie seulement pour tes compétences de gladiateur hors-normes, mais surtout parce qu’on l’a bien voulu. Et permet-moi de te dire que ça n’est pas car Il t’a choisi que ça fait nécessairement de toi quelqu’un d’important sur le plan existentiel. En fait, bien souvent, ça s’avère être tout le contraire. Sur ce… » L’homme-loup se détourne et quitte la pièce, suivi de sa bande de monstres qui lui emboîtent le pas…
Bientôt, Bryar se retrouve seul dans la pièce étroite, le pc portable allumé continuant d’éclaircir la pièce de ses flashs lumineux épileptiques. Au fil des vidéos de tabassages de clodos de Bryar dans le square de Bedlam. Suivi d’une longue série de massacres de racailles cagoulées au-travers des sections de Bedlam, le quartier comme l’asile…
Flashs subliminaux saccadés dans ces mêmes lieux, enténébrés et déserts. Bryar se voit plié et étranglé de rire sur le sofa, se goinfrant du pop-corn devant les vidéos de ses tueries. Bryar revient à lui et claque avec dégoût le pc, le dégueulassant du sang qu’il a sur les mains. Le calant sous son bras avant de quitter la pièce, abandonnant la planche cloutée…

« L’asile Bedlam ? Mais qu’est-ce que tu fous là-bas ? » S’interloque son Boss dans le portable.
Bryar lâche un profond râle d’épuisement dans le téléphone...
« Bon, bon, ok, accroche-toi Paul… J’te fais envoyer une ambulance. Tu te sens capable de gagner l’entrée du bâtiment ? Sors devant et attends-nous, on vient te tirer de là…»


A moitié mort, Bryar boitait appuyé contre les murs au-travers de ce couloir rouge sang. Il redescendait la cage d’escalier péniblement, un pas à la fois, craignant l’évanouissement. Ses jambes tremblaient d’épuisement, menaçaient de défaillir à chacun de ses pas. L’asile Bedlam était maintenant silencieux comme une crypte. Désert, et à l’abandon. De cette foule hurlante de silhouettes noires cagoulés, il ne demeurait pas la moindre trace. A croire qu’ils n’avaient jamais été là. Pourtant les têtes de citrouilles étaient éclairées de bougies, les jeux de lumières phosphorescentes renouvelés récemment irradiaient de leurs faibles lueurs dans les sections ténébreuses de l’asile. Mais surtout, les cadavres de ses victimes jonchaient toujours le sol au-travers du hall, de la cage d’escalier... Dans celle-ci, Bryar s’arrêta au niveau du cadavre avachi contre le mur du troisième palier. C’était censé être le cadavre du jeune. Le sang écoulé de ses orbites broyées coagulait le long de ses joues décontractées sous sa capuche. En quête de réponses, Bryar se baissa sur le corps en lui rabattant sa capuche en arrière, dévoilant sa tête. Ce qu’il découvrit le fit basculer d’effroi.
Alors qu’il descendait à travers les paliers, il s’arrêta sur chaque corps de ses victimes, retirant leurs masques, appréhendant avec horreur ce qu’il découvrait au-dessous.
Il fit de même avec les cadavres éparpillés dans le hall dont la tête était assez préservée.
Sur le troisième palier, ça n’avait pas été la tête du jeune cannibale aux frelons. C’était le visage autrefois impétueux à la coiffe blondine de Christian Pierce, le jeune flic zélé des unités antiémeutes. Ses yeux étaient broyés exactement comme l’avait fait Bryar avec le jeune cannibale.
Dans la cage d’escalier, les visages qu’il mettait à nus étaient ceux de collègues de l’unité. Et dans le hall de Bedlam, c’était chaque fois la même chose.
Johnson. Martinez. Brown... Tous sensés être internés depuis la nuit des émeutes. Tous à terre là, sous ses yeux, le sang de leurs plaies pissant au sol. Les yeux caves. Les crânes ouverts. Les mâchoires disloquées. Morts. De ses propres mains.



Credits:

Attends... C'était démesurément bourrin ce texte hein ? Bon ben...

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Karess

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