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[RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

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[RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

Message par Karess le Mar 9 Oct - 1:07


Ca a commencé à minuit. Le quartier des affaires de Rage City West s’était alors étrangement déserté de passage, ses grandes avenues symétriques encadrées de buildings à l’esthétique aseptisée, froides et silencieuses comme une crypte. Un calme envoûtant avant la tempête…
Un étrange black-out fit sauter l’éclairage urbain sur toute une aire du quartier. Peu après, ils sortirent en masse des tunnels du métro. Une vague de silhouettes noires encapuchonnées, aux visages masqués. Leurs mains armées de marteaux, de pierres, de bouteilles remplies d’essences…
Au début, les caméras de secteur, rendues inopérantes dans les ténèbres établis du quartier, ne distinguèrent qu’une espèce d’ombre mouvante faites de silhouettes noires fondues dans la pénombre. Puis les incendies illuminèrent les écrans tandis qu’ils projetaient leurs lueurs apocalyptiques sur les avenues.
Les unités anti-émeute dépêchées en urgence pour contenir une émeute « d’anarchistes demeurés », se retrouvèrent au beau milieu d’un enfer. Bien au-delà du coutumier saccage de mobilier urbain et des dégradations, c’était des immeubles en proie à des brasiers démentiels à leurs bases, un incendie orchestré à travers tout le quartier, un labyrinthe de buildings embrasés. Les émeutiers les attendaient et leur tendirent un gigantesque guet-apens.
Les rapports de police firent état de confrontations d’une brutalité inouïe avec les « émeutiers ». Une foule extrêmement déterminée qui venait d’elle-même au contact des forces de l’ordre. Des morsures. Des griffures bestiales. Des tentatives de saisies sur les agents pour les tirer dans la masse en fureur… L’usage d’armes à feux. Cette nuit-là, les habitants et les rares passants terrés dans les alentours rapportèrent que l’émeute vira à la fusillade urbaine.
Les médias rapportèrent l’usage d’armes de poings au milieu de l’émeute, que certains émeutiers avaient dégainées à bout portant lors des confrontations rapprochées avec les unités anti-émeute. Au total, furent dénombrés trente-deux fonctionnaires de police tués, et deux fois plus de blessés dans l’exercice de leurs fonctions cette nuit-là.
On attribua ce carnage aux revendications d’une mouvance d’anarchistes radicaux communément connu pour leurs tendances aux débordements.
Les images de casse et de vandalisme, ainsi que le flot de ténèbres humains mouvant à travers les rues perçu par les caméras de secteur, inondèrent les images aux JT et sur les réseaux sociaux.
En revanche, on occulta les images captant cette procession, cette ferveur quasi-religieuse de la horde de silhouettes noires. On garda sous silence les chants rituels obscènes à travers entonnés dans les haut-parleurs, les hululements mystiques de la horde en noire. On mentionna les graffitis, mais sans en montrer en images, montrer leur nature inconnue, occulte et insondable… On ne mentionna pas que ces graffitis étaient réalisés avec du sang. Du sang d’émeutiers qui s’étaient sacrifiés rituellement au milieu de halls d’immeubles corporatistes et de banques.
Sur les réseaux sociaux, certaines vidéos prises par les rares témoins présents furent scrupuleusement et quasi-instantanément retirées du net par une surveillance sur la brèche, et leurs auteurs, réduits au silence d’une manière ou d’une autre.
On ne fit aucun lien officiel entre les évènements de cette nuit et la folie latente qui s'instaura à la suite sur le quartier, sur les cas de démence, de suicides qui se multiplièrent dans le quartier profané.  
Quant aux fonctionnaires de police déployés cette nuit-là, on leur imposa de garder le silence sur tout ce qu’ils avaient vu ou entendu cette nuit-là. S’en tenir à la version officielle. Tous ces hommes n’eurent pas à garder le silence longtemps. La moitié d’entre eux furent retrouvés à leur domiciles, le cerveau liquéfié par des hémorragies internes. Les autres sombrèrent dans une démence incohérente et hystérique qui les envoya droit à l’asile.

Ils ne sont plus qu’une poignée encore en vie à ce jour. Pour l’agent Paul Bryar, impossible de censurer aussi facilement de sa mémoire ce qu’il a vu cette nuit-là…
Des émeutiers traçant des symboles… Sataniques ? En pleine rue, avec le sang frais de leurs compères ! Des chants étranges et insondables qui révulsaient l’estomac par leur nature purement démoniaque, et qui continuent encore de lui retentir dans la tête…
Le fait que cette nuit-là, les émeutiers attirèrent son unité sur ce qu’il décrirait intimement comme un autel religieux de fortune ; c’est là qu’eut lieu une bonne partie de la « fusillade ». En vérité, ses collègues, pris d’une folie collective absolument inexplicable, avaient dégainés leurs armes et s’étaient entretués. Ou avaient tout simplement retourné leur propre arme contre leurs têtes au milieu du bain de sang, pour certains… Pour une raison qui le dépassait, Bryar avait été miraculé de cette… Sorcellerie…
Des interpellations ? Les rares salopards attrapés cette nuit-là se révélèrent être des cinglés baveux aux propos incohérents, bons pour l'asile. Alors que les combats faisaient rage, les divers groupes de la horde avaient subitement reflué comme un seul vers les bouches de métro d'où ils étaient sortis, sans que l'on puisse découvrir par la suite d'où ils étaient venus.
Bryar avait vu plusieurs des émeutiers arracher leurs masques en ricanant, exhibant avec mépris leurs visages. Bryar avait personnellement arraché le masque d’un salopard qu’il avait eu en face de lui lors des confrontations…
Les émeutiers n’étaient pas humains !
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Karess

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Re: [RP OUVERT - Contemporain] Champ de meurtres

Message par Karess le Mar 16 Oct - 22:25

Les semaines qui ont suivi la nuit cauchemardesque dans le quartier des affaires ont été ponctuées d’autres émeutes et de vandalismes en tout genre. Les racailles anarchistes et de banlieues se groupaient pour célébrer le massacre de flics et la destruction de banques et de bureaux d’huissiers, en saccageant leurs propres parties de la ville...
Pour Paul Bryar, des unités antiémeutes de Rage City, c’était cette même nuit d’enfer dans le quartier des affaires qui se prolongeait. Des émeutiers continuaient fréquemment d’exhiber leurs faciès poilus, aux bouches démesurément larges et garnies de crocs qui grimaçaient directement à son attention maintenant, d'où s'échappaient des langues démesurément longues... Leurs yeux canins moqueurs, qui le narguaient avant de se fondre dans la foule, dans la fumée des lacrymos, de s’éclipser dans les plus proches ruelles… Quelque part, le vieux pit-bull de la police qu’était Bryar se complaisait dans ces opportunités de revanche à répétition, aussi illusoires étaient ces revanches. Jouer de la matraque sur les guignols en sweat à capuche que ces « monstres » mettaient entre lui et eux telle de la chair à canon, avait le mérite de défouler ses nerfs à vif. Cela lui permettait de ne pas trop s'attarder sur l'absence de réaction de ses collègues et sur le fait qu'il devait avoir lui et lui seul sombré dans la folie...
Quant à son temps de libre, et ce temps libre incluait une large partie de son temps de sommeil, ainsi que la semaine de congé que lui avait accordé sa hiérarchie pour se remettre de la nuit dans le quartier des affaires, le flic le passait à aller rôder dans les bas-fonds de « Bedlam », survolté par le café et coke qu’il ingurgitait au départ de ses expéditions. A casser la gueule de sdf alcoolos, camés et bagarreurs, comme lui.
La routine était devenue irréelle et… Illusoire. Mensongère. D’une lenteur figée et oppressante. La normalité, avec ses gens inconscient de ce qu’il avait vu et plongés dans leur normalité autour de lui, était peut-être pire encore à vivre pour lui, que les silhouettes noires tapies dans la pénombre que Bryar avait la certitude d’apercevoir autour de chez lui en train d’épier ses fenêtres, de le suivre lorsqu’il sortait de sa piaule…    
Bryar n’avait étonnamment pas eu à chercher loin ni même vraiment à enquêter pour tomber sur ces monstres en-dehors des émeutes. En fait, ces bâtards rôdaient au grand jour dans les dédales urbains de Bedlam, si l’on peut parler de « jour » dans ce quartier où la lumière du soleil se perd à mi-hauteur des blocs de briques crasseux. Les monstres y allaient et venaient à leur aise, d’un groupe de marginaux détraqués à l’autre, supervisant les préparatifs des émeutes suivantes tels des prosélytes et des chefs de meute...
Bryar n’était mentalement qu’un pit-bull enragé sans subtilité, qui cherchait la confrontation frontale pour assouvir sa vendetta. Le flic dégainait et tirait à vue, les prenait en chasse à travers le quartier, une nouvelle et énième part du chaos ambiant dans ce trou à merde qu’était Bedlam…

C’est ainsi qu’il se retrouva à court de balles et crevé, quand il finit par en alpaguer un verbalement, frappant le grillage rouillé qui les séparait au milieu d’un square de ruelle mal famée, Bryar ne fut même pas surpris de découvrir que le monstre connaissait son nom.
« Dégage, agent Bryar. Gronda le monstre d’une voix on ne peut plus caractéristique, en appuyant lourdement sur les intonations. Rentre chez toi et attends ton heure. Sais-tu seulement ce qui est bon pour toi ? »
Bryar avait rétorqué en frappant de ses poing et de la crosse de son arme contre le grillage, tout en vociférant un chapelet d’injures et de provocations à l’hybride d’Homme et de canidé. Celui-ci soupira d’une résignation amusée.
« Comme tu voudras... » Dit-il. Et l’homme-loup fringué comme un black bloc distribua des coups de pieds dans un groupe de sdf qui avait pris pour lits les poubelles de la rue : « Debout, bande de vermines ! Debout ! Le Pacte vous appelle ! » Sans protestations d’être extirpés aussi brutalement de leur torpeur, les clodos se levèrent en bande, mécaniquement, sans poser de questions. Et avec une ferveur quasi-fanatique, ils s’armèrent de ce qui leur passait sous la main : tuyaux de canalisations, tessons de bouteilles, planches cloutées. Les uns après les autres, ils escaladèrent le grillage pour venir au choc avec Bryar. L’homme-loup, lui, s’éclipsa comme à leur habitude. Laissant derrière lui le flic à son combat de rue…  
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