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"Les invités sont en avance et s'ennuient." Aron & L'homme en noir

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"Les invités sont en avance et s'ennuient." Aron & L'homme en noir

Message par L'homme en noir le Jeu 23 Aoû - 22:15

La banquette arrière d'une voiture aux vitres teintées, presque noires. Le vieil homme écrase sa cigarette dans le cendrier, dans une dernière volute de fumée. Plongeant la main dans un sac posé à ses pieds, il en sort un téléphone portable encore emballé, coque plastique scellée. Craquements du blister qu'on découpe. Les morceaux pliés tombent sur le fauteuil.
A l'avant, en conducteur, un autre homme plus jeune, costume du même anthracite austère. Expression impassible d'un visage en lame de couteau, cheveux blonds soigneusement rabattus au gel. Concentré, observant la rue dehors, le petit matin parisien qui prend vie peu à peu. Un autre téléphone est posé sur le tableau de bord, en attente, l'écran noir.
Le fumeur a déballé le premier portable. Il insère la carte SIM, l'allume. Compose le numéro, par coeur, lent, minutieux. Son pouce taché de tabac flotte au-dessus de la touche d'appel. Il hésite, attend finalement.
Son regard se lève vers l'autre téléphone, celui du tableau de bord. Un éclat dans ses yeux, anxiété, impatience.

*
OST de cette scène, c'est le bon moment pour la démarrer :
 Research 2, de 0:00 à 2:40  

Un dédale d'anciennes rues du centre gentrifié, rénové de néo-ancien millimétré. Un autre costume sombre traverse les venelles d'un pas rapide, trench-coat flottant dans l'air d'un mois de septembre frais. Verres miroir argentés sur sa peau mate, ses yeux sondent chaque détail, attentifs et rapides.
Au détour d'une rue plus large, il s'arrête. Un immeuble haussmanien de plus, bourgeois et massif. Pas grand monde dehors, à cette heure. Les deux voitures stationnées sont immanquables, comme leurs occupants très patients, assis en places avant, à ne rien faire. Une fenêtre passager est ouverte, une main tenant une cigarette en sort. Reflet d'un visage féminin austère dans le rétroviseur, lunettes noires et oreillette mal cachée par le chignon lache.
L'homme en costume recule dans le couvert de l'angle, téléphone en main, il compose un texto bref.

*

Sur le tableau de bord de la voiture du fumeur, le portable vibre et l'écran s'illumine. Le chauffeur l'attrape, un regard rapide, puis le passe à son aîné sans un mot.
Le vieux visage s'affaisse, lassitude d'une mauvaise nouvelle qui se voit confirmée après une attente sans grand espoir. Il reste un instant figé avant de se ressaisir, ses lèvres se plissent, la détermination revient, froide, méthodique, peut-être un peu enflammée.
Il ouvre un message, écrit rapidement, l'envoie à un autre numéro. L'espace d'un transit satellitaire plus tard, le téléphone jetable donné plus tôt à Aron Grim vibrera.

"Les invités sont en avance et s'ennuient."


Puis il laisse l'appareil de côté, reprend le premier portable où le numéro qu'il a entré quelques minutes avant attend toujours.
Résolu, il lance l'appel.

*

L'appartement est immense, presque vide, le mobilier minimaliste et design. Une lanterne à piles est allumée dans le salon, les volets baissés derrière les fenêtres fermées recouvertes d'adhésif noir. Des vêtements posés n'importe où, par terre, sur le canapé de cuir en arc de cercle large devant un immense écran télé mural. Il n'est même pas branché.
Sur la table basse de laqué noir, une tablette allumée, une vidéo joue en silence – à peine un murmure dans les écouteurs qui pendent jusque sur le sol. À côté, pêle-mêle, une liseuse, des emballages de gâteaux et d'autres produits alimentaires, des briquettes de jus de fruit vides, des batteries externes – plus d'une dizaine, des modèles coûteux. Un fatras aussi aléatoire s'amasse sur une bonne partie du canapé, jusqu'à ce qui semble un amoncellement de couvertures disposé plus ou moins en face de la table basse. Un amas qui et respire et bouge un peu, mouvements ensommeillés, et d'où émerge une masse de cheveux cuivrés.

Une sonnerie déchire le silence. La jeune fille tressaille, s'entortille un peu dans les épaisseurs de couvertures, se redresse. Regard ensommeillé sur les affaires éparpillées autour d'elle, petit visage très pâle, les cernes creuses. La mélodie en synthétiseurs primitifs résonne à nouveau, elle semble réaliser ce dont il s'agit, ses traits s'éclairent et se crispent à la fois, comme la résolution d'une longue attente, à la fois espérée et redoutée.
Elle balance les couvertures, l'air froid du salon la fait frissonner malgré le gros sweat qu'elle porte. Attrape le portable, l'un des seuls objets posés bien en évidence sur un sac à dos vide. Gestes un peu fébriles quand elle décroche, et répond à mi-voix :

"Papa ?"

*

Dans l'une des voitures devant l'immeuble, l'IMSI catcher posé entre les deux sièges signale une communication en cours dans un appartement supposé vide. La femme aux lunettes noires échange un regard avec son collègue.



Dernière édition par L'homme en noir le Jeu 20 Sep - 13:23, édité 1 fois
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Re: "Les invités sont en avance et s'ennuient." Aron & L'homme en noir

Message par Aron Grim le Mer 29 Aoû - 12:53

« Tu crois que je pourrai choper des vieux porcs dans cette tenue ? »

Irma venait de sortir de derrière un paravent style ancien, et se mirait devant le grand miroir à dorures accolé à la porte du salon. 
Aron, qui était affairé à remplir un sac à dos d’objets allant de la bouteille d’eau au petit pistolet au numéro rayé, leva les yeux et resta bouche bée : 

« Bon sang Irma, tu fais vraiment des miracles ! »

La vampire, vêtue d’un jean moulant, d’un gros sweat à capuche, d’une paire de basket rose, ressemblait à une adolescente en fleur. Elle avait teint et ondulé ses cheveux bruns et plats en un blond clair, presque vénitien et rosi son visage terni par des siècles d’amertume, d’alcool et de drogue. Une paire de lentilles grise complétaient le tableau.
Tout en s’admirant, elle s’exerçait à avoir une démarche élastique, que des années de port de talons avait quelque peu tassée. 

Le nain sortit une photographie écornée, qu’il plaça, selon son champ de vision, à côté de la comédienne d’un jour. 

De loin, l’illusion était parfaite. 
De près, la silhouette mature et le visage marqué trahissaient le subterfuge. 

« Tu n’es pas si grande que tu en as l’air finalement, tu triches beaucoup, au quotidien.. »

Le regard courroucé que suivit cette remarque n’eut pas le temps de se transformer en pelleté d’injures car Rogar arriva sur ces entrefaites, ouvrant la porte et bloquant momentanément l’accès au miroir. 

Ils se trouvaient dans un appartement de style ancien, au second étage d’une rue huppée de Paris. La poussière et la semi-pénombre ambiante indiquaient probablement une demeure de vacances, ou un séjour prolongé à l’autre bout du pays. 

Voyant la jeune femme au centre de la pièce, l’homme-rat se replia sur lui-même et en fit le tour en la reniflant : 

« Qu’efce que f’est que ça ? Une nouvelle esclave ? »

Il éternua bruyamment, puis un sourire carnassier se peignit sur son visage. Il releva la tête : 

« Ah fé toi Irma, je reconnaîtrais foujours ton doux parfum.. »

Celle-ci leva les yeux en l’air et se contenta de souffler de manière appuyée.

« Qu’as tu trouvé Rogar ? » demanda Aron .

L’alchimiste secoua l’échine, se gratta le poil, ravala le filet de bave qui coulait de sa mâchoire et sortit un lecteur MP3 assortit d’une paire d’écouteurs de sa besace : 

« J’ai trouvé fa, fe suis sûr que ça fera illusion ! »

Irma leva un sourcil amusé :

« Trouvé ? Vraiment ? »

Ricanements.

Aron Grim entrouvrit les lourds rideaux capitonnés, observant longuement en silence, avant de revenir vers ses compagnons : 

« J’ai eu la chance, au moment où j’ai cherché à « emprunter » un appartement derrière la maison cible, d’être tombé précisément sur l’endroit où se terraient les gars chargés de la surveillance. Ils n’ont pas bougé depuis ce matin. Y’en a un qui pionce et un en faction. »

« Et fé moi qui m’en farge ! » continua fièrement le rat. 

À ce moment là, le bruit d’un message retentit. Le nain regarda son téléphone, s’assombrit, puis annonça la nouvelle en tendant une clef ancienne à la vampire  : 

« Bon, les renforts sont arrivés en face. Irma, tu devras faire doublement attention. La porte de service est usée, il faudra faire jouer la serrure pour qu’elle coulisse. Une fois là-haut c’est le troisième étage, à droite. Le code a été convenu et transmis à la petite au téléphone, c’est trois coups longs puis deux coups courts. 
Quant à toi Rogar, si tu manques ton coup...(soupirs)… je ne suis pas sûr que la situation reste maîtrisable. »


« Moi manquer mon coup ? Me prend tu four quelqu’un d’incomfétent ? »

« On va tous y arriver. » coupa la vampire d’une voix tremblante qui se voulait rassurante.

Le nain reprit son portable, et envoya un message énigmatique à un vieil ami :

«L’apéritif ne va pas tarder.. »
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Re: "Les invités sont en avance et s'ennuient." Aron & L'homme en noir

Message par L'homme en noir le Ven 31 Aoû - 23:28

A la lueur de diodes de lanterne, la jeune fille fouille le monceau d'affaires éparpillé sur le sofa, en jette de côté, empile les autres dans une valise ouverte, type attaché case, d'aspect très officiel. La tablette les y rejoint, avec une série de batteries rechargeables, sa liseuse, la peluche d'une créature étrange - ailes de dragon et tête de pieuvre.

Elle a quitté son sweat-shirt, enfilé une chemise sombre froissée. Sur le dossier du canapé, un blazer et un pantalon de costume, et d'énormes lunettes noires en équilibre à côté.


*


Dans la rue, les portières d'une voiture s'ouvrent. La femme au chignon descend, elle glisse quelque chose à sa ceinture, sous le rabat de sa veste de cuir. Un homme sort également d'une place arrière, chauve, blouson bomber sur une stature athlétique. Il ajuste ses gants, un éclat métallique sur les phalanges accroche la lumière.

Ils regardent autour, chaque bout de la rue. Personne en vue. La caméra du hall ne les filme pas, tournée dans l'autre angle. De même pour celles des deux lampadaires. L'angle mort parfait.

D'un même geste, ils enfilent ce qui ressemble à des bonnets sombres, étrange précaution pour la saison. Puis s'élancent vers l'immeuble, le pas déterminé, calmes.

Un nouveau regard alentour, puis à l'instant même de leur entrée dans le champ des caméras, ils déroulent les cagoules.


*


À l'angle de la rue, l'homme aux verres miroirs laisse dépasser la caméra de son téléphone. Lèvres plissées, il envoie un nouveau message, directement sur le portable de Grim.

"Les bières commencent à se réchauffer"
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Re: "Les invités sont en avance et s'ennuient." Aron & L'homme en noir

Message par Aron Grim le Jeu 6 Sep - 11:45

L’homme-rat se faufila par une fenêtre à l’extérieur de la maison inoccupée qui servait de repaire à sa bande. Ses pattes griffues lui permettaient de s’accrocher aux murs crépis, sa petite taille et sa fourrure à nue lui permettait de passer pour un gros chat. Il atteignit rapidement le toit. Devant lui, le chemin était tout tracé, bordé de cheminées et tapissé de tuiles moussues. 
Outre les renforts exceptionnels qui, selon Aaron, étaient arrivés devant le bâtiment où résidait leur cible, ils avaient repérés également deux pieds de grue permanents, qui avaient établis leurs quartier dans un immeuble décrépi derrière la cible. Voilà une jeune fille bien entourée. 
Le plan était qu’Irma se charge d’évacuer l’enfant grâce à son aptitude à semer la confusion avec son art du déguisement. Rogar devait, quant’à lui, se charger de mettre hors d’état de nuire les deux potentiels lanceurs d’alerte, par un stratagème très simple. 
En quelques minutes, il était au-dessus de l’appartement de ses proies. 
Prudemment, il avança sur le toit, attentif à la moindre fissure pouvant, sous son poids, faire céder avec fracas le sol d’ardoise. Sa concentration était telle que son poil luisant était trempé de sueur. Un filet de bave de toute beauté dégoulinait le long de ses babines torves, qu’il se retint d’avaler avec beaucoup de peine. 
Il arriva au niveau de la bouche d’aération. Il sortit d’une besace dissimulé sous son pelage une petite boule pas plus grande qu’une bille. Elle était rougeâtre, son aspect semblait craquelé, comme de l’argile. Avec volupté, il gratifia l’artefact d’un grand coup de langue humide, puis immédiatement la déposa dans le conduit dont il condamna l’accès extérieur avec son propre corps. Un gloussement sardonique lui échappa. 

Dans le grand appartement vide, la lumière filtrait à travers les planches de bois mal accordées qui bloquaient les fenêtres. Pour seul mobilier, un matelas au sol, occupé, une chaise, occupée elle aussi, un réchaud à gaz et une bassine à l’odeur nauséabonde dans un coin. 
Un monceau de boites de conserves s’entassait au milieu de la pièce. Des ronflements légers s’échappaient du sac de couchage, dont seule une touffe de cheveux bruns émergeait.
Assis, devant la fenêtre un homme chauve, fin, la cinquantaine, le regard bleu glace, habillé intégralement de noir, faisait le guet à la fenêtre avec une paire de jumelles. Un cendrier plein à ras bord à ses pieds indiquait qu’il fumait cigarette sur cigarette. Sa peau très pâle et ses cernes marqués indiquaient une grande fatigue, cependant, il ne clignait pas des yeux. 

Un talkie-walkie se mit à grésiller. 

« Allô allô, ici station 25. Répondez. »

Il s’en saisit :

« Allô allô, ici Faucon, rien à signaler. »

L’appareil cracha encore un peu, puis le calme revint, et le silence s’abattit à nouveau dans la pièce sombre. 

De temps en temps, le « Faucon » quittait les yeux de ses jumelles pour avaler une longue gorgée d’une liquide brûlant qu’il tenait contre lui, dans un thermos. 

Au bout de combien de temps s’en rendit-il compte ? Une minute ? Une heure ? 
Mais une impression diffuse, terrifiante, s’insinua petit à petit en lui. Une impression d’étouffer, un léger tournis. Comme si tout autour de lui se mettait à tourner, puis semblait totalement étranger à sa mémoire. 
Il se redressa, aux aguets : 

« Hey Marc ! »
Une silhouette ensommeillée sauta brusquement du matelas : un homme entre deux ages, avec une barbe de trois jours et une queue-de-cheval. 
« Qu’est ce qui se passe ? »
Le vieux reprit, apeuré :
« Tu trouves pas que.. quelque chose.. dans la lumière.. l’odeur.. »

Le dénommé Marc inspira un grand coup. 
« Waah, je me suis levé trop vite mec.. »
Il se laissa choir sur son lit de fortune, le regard un peu vague. 
De son côté, celui en faction avait laissé tomber son thermos et ses jumelles, qui se brisèrent au sol. Celà ne sembla affoler aucun des deux. Leurs iris se dilatèrent, leurs muscles semblaient s’être liquéfiés, ils s’étaient tous deux affalés, l’un sur sa chaise, l’autre sur son matelas. Un éclat étrange dans le regard et un sourire confus termina le tableau.

« Il nous faut chercher du lait, pas vrai ?
-Oh oui, du lait frais, comme en achetait maman.
-Comment tu sais ce qu’achetait ma maman ? 
-T’as une maman toi aussi ? 
-Pas possible, il peut pas y en avoir deux pareilles.. »


Le chauve s’était levé, le regard fou et la démarche chancelante. Il haletait. 

« J’me sens.. j’me sens.. de l’air ! Vite ! »

Il tituba jusqu’à la porte, qu’il ouvrit en grand. Devant lui, un homme-rat le regardait avec un sourire carnassier. 
Marc entendit juste un cri, puis un glouglou étrange, comme une bonbonne que l’on vide. Mais il était bien trop loin pour s’en préoccuper. Dans sa tête, il était redevenu enfant, et souriait béatement dans le vide. Ainsi il mourut, la gorge tranchée par une paire d’incisives acérées, sans s’apercevoir de rien. 

Rogar ressortit dans le hall et reprit sa respiration longuement, puis s’attaqua à un toilettage consciencieux. Quand il fut enfin propre et reposé, il rouvrit la porte, regarda les deux cadavres ensanglanté et son regard s’illumina : 

« Il est femps de faire les courfes ! Héhéhéhé ! »
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Re: "Les invités sont en avance et s'ennuient." Aron & L'homme en noir

Message par L'homme en noir le Jeu 6 Sep - 14:03

À l’entrée de l’immeuble, une main gantée de cuir presse longuement la sonnette de l’appartement numéro 7. Les deux cagoulés se tiennent chacun d’un côté de la caméra de l’interphone, hors de vue, laissant un mur vide s’afficher à l’écran de qui répondrait à l’appel lancé. Ils attendent.

*

Face au mur-miroir de la salle de bain, la jeune fille tressaille quand la sonnette de l’interphone déchire le silence. Elle déglutit derrière son noeud de cravate mal serré. Elle essaye de l’arranger, ses mains fines tremblent un peu. Le résultat n’est pas bien mieux, renonce.
Elle porte un costume complet noir à présent, coûteux et un peu froissé. Sous la veste, elle triture les attaches du petit gilet pare-balles, vérifie encore une fois sur la vidéo que joue sa tablette si tout semble mis correctement.

La sonnerie de l’interphone insiste, lui arrache un nouveau sursaut. Très pâle, elle mordille sa lèvre, ses yeux s’embuent, mais elle chasse les larmes.

*

Toujours pas de réponse à l’interphone. Les deux cagoulés échangent un regard. La femme sort un trousseau de petits outils. Après avoir forcé la plaque de l’interphone high-tech, elle entreprend de connecter une série de fils à un appareil doté d’un petit écran tactile. La vieille porte haussmannienne est pourvue d’implants modernes, connectée sur alarme. Elle ne va peut-être pas le rester longtemps.

Derrière la femme, à l’angle de l’entrée, l’autre cagoulé fait le guet, une main dans le dos, sur la crosse de son arme.
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Re: "Les invités sont en avance et s'ennuient." Aron & L'homme en noir

Message par Aron Grim le Ven 14 Sep - 17:16

« Pourquoi ai-je toujours porté des talons alors que je fais fureur en basket ? »

Ainsi se lamentait Irma tandis qu’elle avançait sur la grande avenue pavée, à la fois agréablement et désagréablement surprise par son manque de douleur pédieuse.
Son grand sweat dernière mode dissimulait habilement ses formes, ses baskets légères rendaient son pas silencieux. Dans les oreilles, une paire d’écouteurs blancs avec microphones, et dans sa poche un téléphone directement relié au nain imberbe qui lui servait de chef d’équipe. 

« Je le sens pas Aron » grommela-t-elle entre ses dents.

La réponse ne se fit pas attendre : 

« T’as bien raison. Je viens de recevoir un message. Il ne faut surtout pas qu’on te voie entrer. Rogar a neutralisé l’arrière-garde, il est remonté sur le toit me faire un signe, comme prévu. »

« Chier » siffla la vampire. Des sueurs froides parcouraient son corps glacé. Il lui suffisait de traverser la route, et elle y serai. Elle avait repéré la porte de service, une porte qui semblait solide et inutilisée depuis bien longtemps. Impossible de la forcer, à moins d’avoir la clef.. Mais Aron Grim avait des clients un peu partout dans le monde des humains, des clients prêts à tout pour une petite dose supplémentaire... De l’autre côté de la rue, et surtout de l’autre côté du bâtiment de l’autre côté de la rue, il y avait des gens qui l’abattraient sans vergogne s'ils comprenaient qu’elle s’apprêtait à se mettre en travers de leur chemin. Ses jambes tremblaient : elle jetait constamment des regards à l’angle de l’avenue, prête à voir débarquer l’ennemi à tout moment. L’estomac noué, elle remonta la rue sur quelques centaines de mètres pour traverser en toute discrétion. La circulation était très faible, voir quasi-nulle. 

« Aron je suis sûre que je suis davantage suspecte en me faufilant de porche en porche qu’en marchant normalement ! »

Le nain étouffa un rire : 

« Tout va bien se passer, Irma. Crois moi. »

La vampire finit par arriver au niveau de la lourde porte. Elle glissa la clef avec précaution : ça ne tournait pas. Affolée, elle regarda autour d’elle, se dissimula dans l’embrasure épaisse avant de retenter l’opération. Le contact de la vieille clef sur le métal rouillé produisit un grincement à en réveiller les morts. 

Comment annoncer ça à Aron ?

J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. C’est la bonne clef. Mais je ne peux pas l’ouvrir sans me faire repérer. 

Putain tu n’aurais pas pu graisser la porte AVANT de m’envoyer dans une opération suicide ?

Tu crois que tu peux les retenir combien de temps ? 

Non, trop pathétique. Il fallait qu’elle trouve la solution par elle-même. Elle prit une grande inspiration, puis se figea : serai-ce ...? Un léger bourdonnement avait troublé ses tympans. Ce bourdonnement s’accentua, augmenta de volume, devint de plus en plus dérangeant. Elle sauta de joie. Alors que la motocyclette pétaradante passait juste derrière elle, elle en profita pour donner un grand tour de clef dans la porte qui s’ouvrit en grinçant. Mais en ne grinçant pas autant que le deux-roues archaïque. Elle entra précipitamment et referma derrière elle. 
Quelques minutes lui furent nécessaires pour qu’elle s’acclimate à l’obscurité. Petit à petit, elle remarqua les escaliers de marbre, le local électrique, et une porte entrouverte d’où s’échappait un rayon de lumière tamisée. Certainement le concierge. 
Il suffisait de ne pas faire de bruit et de monter tout doucement au troisième. Un seul pas en avant et la lumière s’alluma, illuminant le couloir et aveuglant la pauvre femme. Le temps qu’elle se dirige, tête baissée vers l’étage, elle entendit la voix d’une vieille dame derrière elle : 

« Melle Roxane ? Mais je ne vous pensais pas ici, je ne vous ai pas entendu rentrer.. »

La vampire savait deux choses : la vieille mégère la prenant pour quelqu’un d’autre ne la laisserai pas en paix avant d’avoir eu une explication valable sur sa présence ici. Cependant, elle semblait aussi âgée et essoufflée en parlant, ce qui voulait dire qu’en montant les escaliers quatre à quatre, elle pourrait la tenir à distance quelques minutes. De précieuses minutes. 
Ni une ni deux, elle accéléra son ascension tandis que, tête baissée toujours, elle gratifiait la pauvre concierge d’un pouce vers le haut, en espérant que ce geste apaise ses pulsions de commérage.

Arrivée sur le palier, elle ne prit pas le temps de reprendre sa respiration : elle se plaça devant la porte de droite, légèrement de biais, et frappa trois coups longs et deux courts. 





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Message par L'homme en noir Hier à 17:57

De retour dans le salon, la jeune fille tasse d’autres affaires dans l’attaché case. Elle tressaille à nouveau quand les coups résonnent à la porte. Les mains fébriles, elle verrouille la valise, la laisse en plan sur l’accoudoir du sofa, rejoint rapidement la porte d’entrée.

Un moment d’hésitation avant d’ouvrir, sa glotte fait un va et vient difficile. Elle fait tourner la série de verrous. Tire le battant.

Face à la vampire déguisée, elle se raidit un peu, cille sans rien dire. Toujours sans dire un mot, elle recule pour la laisser entrer.

Dans son costume noir, le gilet pare-balle élargissant un peu son torse, les cheveux tirés en queue de cheval ondulée, Roxane semble vaguement androgyne, entre élève d’un collège huppé particulièrement chic et très jeune homme aux cheveux longs, endimanché pour une grande occasion. Mariage. Ou enterrement.

*

Devant l’entrée, l’écran tactile vient d’afficher une interface de contrôle domotique. La main gantée désactive la série d’options proposées. Alarme. Verrouillage de la porte principale. Caméras de surveillance.

Le verrou émet un déclic sec. La femme débranche les câbles et rempoche l’appareil, son collègue la rejoint. Ils entrent, regards sombres sous leur cagoule noire.

Le cri étranglé de la vieille concierge les accueille. Debout près de l’escalier, elle se précipite vers sa loge.

“Aux voleurs, aux…!”


Une manchette à la gorge interrompt sa clameur dans un gargouillis. Un autre coup suit, précis, à la tempe, elle s’effondre. Ils la traînent dans son appartement, la laissent au milieu du couloir, referment la porte sur le miaulement d’un chat curieux.

Ils échangent un regard. Sortent leurs armes, les crans de sécurité claquent. Puis, la femme en pointe, ils se lancent dans l’ascension, sans plus chercher la discrétion.

*

Au bout de la rue, le guetteur de l’homme en noir fixe l’image filmée par son téléphone, grave.
Il ouvre l’application de SMS, envoie rapidement un message commun à Grim et son patron.

Le traiteur est déjà là

Il hésite, puis compose un deuxième texto.

Est-ce que je sers l’apéro ?

Il rempoche le portable, regarde aux alentours. Se glissant dans un porche, il sort un pistolet automatique d’un holster d’épaule. Fait claquer la culasse, armant la première balle dans la chambre, avant de le passer à sa ceinture, caché sous un pan du trench.

*

Dans sa voiture, le vieux fumeur ouvre le message. Ses lèvres se plissent, il prend une longue inspiration avant de répondre – joignant aussi le message à Grim :

Attendez le champagne


Son chauffeur le regarde dans le rétroviseur. Leurs regards se croisent, le vieil homme hoche imperceptiblement la tête, et le séide sort un pistolet mitrailleur de la boîte à gant, qu’il pose sur le bord de son siège, caché en partie par sa cuisse.

En place arrière, l’homme en noir dévisse le silencieux d’un autre automatique.

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